- Maman, si tu restes là, je te garantis que mon cadeau de Noël en avance n’aura pas lieu d’être.
- Tu as raison ma puce… On se voit ce soir.
- Si je ne me suis pas faite écraser par un bus d’ici-là.
Mon optimisme débordant la fait faire un mouvement de tête signe de son grand désespoir. Je n’y peux rien moi si traverser la rue qui me sépare du lycée est d’un risque énorme. Une voiture folle, un bus pris en otage, un camion rancunier… Tous les jours je risque ma vie pour aller me visser les fesses sur une chaise durant des heures et des heures.
Il est sept heures vingt lorsqu’elle part pour le travail. Au moins aujourd’hui, elle sera en avance et épatera tous ses collègues. Quant à moi, je mets mon bol dans l’évier et me dirige vers la salle de bain me débarrassant au passage de ma couette. Je prends une douche rapide, me brosse les dents et me démêle les cheveux en ayant les larmes aux yeux. Non, je ne suis pas émue devant l’épaisseur de mes cheveux, mais la douleur due aux nœuds qui se sont formés dans ma chevelure arrivent à m’arracher quelques-uns de ces trucs mouillés qui sortent des yeux. Chose qui n’arrive jamais en dehors de cet acte d’auto-torture.
- Alors moi, quelle couleur aujourd’hui ? M’interrogé-je à voix haute. Vert tu dis ? Ok, alors c’est parti pour du vert.
Poulpy
sam 07 jun 2008 16:58