[23] (Histoire) posté le dimanche 28 octobre 2007 21:06

 
 
    Il me regarde en souriant. Il sait aussi combien le Jeannot peut être agaçant des fois et que dans ces moments-là j’ai besoin d’être seule pour décompresser et une petite bière peut bien y aider aussi.

-    J’t’ai dit que j’avais engagé un barman ?
-    Non… Depuis quand t’as besoin d’un barman toi ?
-    Depuis que ma femme est sur le point d’accoucher et qu’elle veut que je passe mes soirées avec elle.
-    Ok… J’ai hâte de voir à quoi il ressemble.
-    Ca tombe bien il est derrière de toi.

    Je me retourne pour voir de quoi à l’air le nouveau distributeur de boisson vivant et là… Je manque de tomber de mon tabouret. Mais c’est pas possible, il me suit. Il a collé un capteur GPS dans la poche de mon manteau et il va partout où je suis.

-    Salut le nouveau.
-    Ah… Miss Catastrophe…
-    Vous vous connaissez déjà ? S’étonne Etienne, le patron du bar.
-    Ouais, lui répond Maxence. Et pas d’alcool pour elle. Elle le tient pas bien.
-    Ca va me poursuivre jusqu’à la fin de ma vie cette histoire…
-    Je les aimais ces chaussures.
-    Désolée monsieur le sentimental.

    Etienne semble perdu dans cette énergique partie de ping-pong vocal.

-    Stop vous deux. Max tu enfiles ton tablier et tu viens derrière le comptoir. Sam tu fais redescendre la pression.
-    D’accord… Répond-on tous les deux d’une même voix.

    Mais pourquoi il a besoin de travailler lui ? Et surtout ici ? Je pensais qu’ils étaient tous pétés de thunes dans la famille à Jeannot. Barman serait-il un hobby pour lui ? En attendant, je vais devoir me trouver un autre bar avec billard. 
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[24] (Histoire) posté le dimanche 28 octobre 2007 21:07

 
 
-    Bon les jeunes, je vous laisse. Max, n’oublie pas de fermer quand tu pars surtout.
-    Pas de problème patron.

    Gna, gna, gna, pas de problème patron. Lèche-cul va ! En attendant je suis coincée avec lui jusqu’à ce que d’autres pigeons viennent faire une petite partie de billard et comme je n’ai pas envie de rentrer chez moi seulement à vingt heures trente…

-    Je te sers quelque chose ? S’efforce-t-il à me demander poliment.
-    Une bière s’il te plaît.
-    Pour que tu roules sous les tables… Tu veux pas un coca plutôt ?
-    Ecoute, il y a une différence entre une bière et une bouteille de vodka, t’inquiètes pas pour moi, elle ne me fera pas « rouler sous les tables ».
-    Bien, bien, le client est roi de toute façon.

    Tout à fait d’accord. Il me sert finalement ma petite chopine que je bois au fur et à mesure que les gens entre dans le bar. Il est neuf heures du soir et c’est à ce moment-là que tout le monde arrive. Certains s’installe aux tables, d’autres vont jouer au flipper ou aux fléchettes, mais personne ne va du côté du billard. J’attends encore une petite demi-heure et si personne ne veut faire une partie je me casse. Au pire, j’aurais quand même toujours plus dans qu’en rentrant.

Le bruit de la clochette retentit encore une fois. Une personne de plus, peut-être que celui-là voudra se faire une petite partie à mise. Je peux toujours rêver non. J’ai presque fini ma bière. Je l’ai bue lentement pour montrer à l’autre imbécile que je n’étais pas une ivrogne inconsciente qui enchaîne verre sur verre. Soudain une voix presque familière se fait entendre derrière moi.

-    Sam, ça fait une paye, comment vas-tu ma chérie ?

    Non ! Pas lui ! Tout le monde, même Maxence et Jean, mais pas lui ! Je me retourne et malheureusement, c’est bien lui… Adrien, blond aux yeux bleus pas trop grand, ni trop petit, mais terriblement collant !
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[25] (Histoire) posté le dimanche 28 octobre 2007 21:08

 
 
-    Salut…
-    Bah alors ? Tu réponds pas à mes messages, tu n’es jamais connectée.
-    Oh tu sais, j’essaye de me décrocher de la technologie. J’vis en autarcie depuis cet été.

    Maxence, qui écoute notre conversation, bien sûr, étouffe un rire. Oh oui, bon ça va… Je suis encore plus équipée que quand je l’ai rencontré niveau nouvelle technologie et j’ai passé mon été à faire la fête…

-    Ah ! Ok ! Je pensais que tu m’évitais depuis qu’on a…
-    Non pas du tout, le coupé-je.
-    Autrement ça aurait fait la fille qui se serait jeté sur le premier venu parce qu’elle était en manque d…
-    En manque de quoi ? Vient demander Maxence, se mêlant de la conversation.
-    En manque d’affection, oui ça peut aussi m’arriver.
-    Tu m’aimes bien alors ?

    Boulette… Enfin c’était ça ou Maxence qui apprenait que j’avais fait des cochonneries avec Adrien à cause d’un célibat trop prolongé. Comment je m’en sors moi maintenant ? Je n’ai même pas le temps de trouver une excuse que le nouveau répond à ma place.

-    Elle t’aimait bien, d’ailleurs quand on s’est rencontré au parc cet été elle m’a dit qu’elle était intéressée par quelqu’un, mais j’ai su la convaincre et aujourd’hui elle est avec moi.

    Sur ces mots, il prend ma main dans la sienne. Délicieux contact qui me provoque un frisson. J’essaye de ne pas paraître trop étonnée, mais je dois bien avouer que mon cerveau est en train de faire un point d’interrogation dans mon crâne. Pourquoi il vient à mon secours comme ça alors qu’il ne semble pas pouvoir me voir ?

-    Ah ok… Bon ben si jamais vous cassez, Sam, tu sais où me trouver.
-    Oh tu sais, je crois que j’ai vraiment trouvé l’homme de ma vie, dis-je en resserrant ma main sur ses doigts.

    J’ai trouvé quelqu’un aussi doué que moi pour mentir. Une fois Adrien sorti du bar, nous effaçons les faux sourires qui étaient sur nos lèvres et détachons nos mains.

-    Merci.
-    Pas de quoi.

    Toujours aussi glacial en somme… Pourtant, après le contact avec sa main, je peux affirmer qu’il est bien un être à sang chaud.
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Parlotte de fin de chapitre n°4 (Parlotte de fin de chapitre) posté le dimanche 28 octobre 2007 21:16


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    Et hop ! Un chapitre de plus de bouclé. Celui-là est un peu plus long que les autres, mais c'est toujours aussi plaisant pour moi d'écrire. C'est vraiment libérateur. Enfin bref.
 
J'espère que vous avez apprécié les nouvelles péripéties de Sam et aussi le sauvetage héroïque de cette fin de chapitre. Sans Maxence, elle était bonne pour avoir Adrien sur le dos toute la soirée.
 
Bisouilles tout le monde et ratatouille pour les autres
 
 
Musique : Madina Lake - House Of Cards 
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[26] (Histoire) posté le lundi 29 octobre 2007 02:48

 

    Je suis restée jusqu’à la fermeture du bar et j’ai bien fait, car j’ai réussi à doubler mon pactole. C’est donc accompagnée de cent euros que je rentre à la maison, mais si seulement il n’y avait que ces quelques billets…

-    Fait pas la tête, t’as bien vu que ton Adrien rodait autour du bar. J’allais pas te laisser rentrer seule.

    Je pousse un grognement sonore. Le pire dans l’histoire c’est que s’il ne m’avait pas proposé de me raccompagner jusqu’à chez moi, je lui aurais demandé de le faire. C’est bien la première fois que j’ai peur de marcher seule dans la nuit, mais après avoir revu plusieurs fois Adrien nous espionner à travers la fenêtre, je ne suis pas tout à fait rassurée.

-    Pourquoi tu as fait ça ?
-    Fait quoi ?
-    Te faire passer mon petit ami auprès de lui.

    Oui je sais, la question est posée un peu tardivement, mais l’information a eu du mal à trouver mon cerveau. Un léger sourire se dessine au coin de ses lèvres, si je n’avais pas peur de ce que l’autre pouvait me faire, je le laisserais sur place lui et son rictus sadique.

-    J’ai tendance à vouloir sauver les demoiselles en détresse.

    Enf… ! Enc… ! Moi une demoiselle en détresse ? Tu vas voir si mon pied s’écrasant sur tes jolies petites fesses ça fait demoiselle en détresse. Il faut vraiment que je me fasse violence pour ne pas lui botter l’arrière-train. J’y peux rien si je couche avec des gars bizarres. Quand je suis bourrée ils me paraissent tout à fait normaux, mais dès que je redeviens lucide… Bonjour les dégâts.

-    On est encore loin de chez toi ?
-    Non, encore une rue et on est arrivé.
-    Tant mieux, fait pas chaud et j’ai hâte de me glisser sous ma couette.

    Pourquoi ne viendrais-tu pas sous la mienne ? Ca pourrait être sympa tous les deux en train de se réchauffer…

-    Aïe ! Putain, mais qui a foutu ce lampadaire sur mon chemin ? 
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