[10] (Histoire) posté le vendredi 26 octobre 2007 18:39

 
 
-    Bonjour tout le monde, dis-je en entrant dans la pièce.
-    Sam, ça fait longtemps qu’on ne t’avait pas vu.
-    J’avais promis à ma mère de me tenir à carreau… Un mois c’est un nouveau record.
-    Tu as fait quoi cette fois ? Tenté de brûler Jean avec le bec Bunsen ?
-    C’était un accident et puis de toute façon on a plus de physique cette année, il ne risque plus rien mon p’tit Jeannot. Non je suis simplement là parce que je ne peux pas profiter de faire la sieste en maths donc je dois la faire à l’infirmerie… Mais ça m’arrange, un lit c’est plus confortable qu’un mur quand même.
-    C’est du Sam tout craché, constate l’une des secrétaires. Et pourquoi il est là ton ami ?

    Je l’avais presque oublié celui-là. J’étais prête à sortir le thé et les petits gâteaux, tant pis pour le projet de goûter improvisé, on le remettra à plus tard puisqu’à mon avis l’occasion ne va pas manquer.

-    Aucune idée, Tor… Monsieur Houlier n’a pas voulu me le dire : « cela ne vous regarde pas » dixit lui.
-    Et on n’est pas amis.

    Super, il a rouvert la bouche juste pour dire une vacherie. C’était un ami général type camarade de classe, pas un ami comme dans : « chouette mon meilleur ami est trop canon ». Qu’est-ce que je viens de dire là ? Je m’inquiète au plus haut point, finalement l’idée de l’infirmerie n’était pas mauvaise, je sens que je commence à divaguer.

-    Oui en plus, tenté-je de rattraper.
-    Ca me dit pas ce qu’il veut.
-    Je n’ai pas eu le bouquin de maths…
-    Et ça pouvais pas attendre la fin du cours ?

    J’ai encore laissé mon cerveau prendre le contrôle de mes lèvres. C’est pas de ma faute si l’envoie de données est plus rapide entre mon cerveau et ma bouche qu’entre lui et ma réserve.

-    Apparemment ça effrite le vieux que je ne l’ai pas. 
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[11] (Histoire) posté le vendredi 26 octobre 2007 18:40

 
 
    Epouse-moi ! Tiens cette fois mon centre de la retenue a été le plus rapide et c’est tant mieux. Il parle comme moi, est-ce possible ? Bon j’avoue, pour l’instant il est un peu moins vulgaire que moi, mais si j’arrive à le dépraver un tant soit peu, ça risque d’être amusant en cours. Comment ça fauteuse de trouble ? Mais non, pas du tout, un peu d’action ne fait de mal à personne.

-    Tu diras à Monsieur Houlier qu’il faut commander le manuel et que tu devras suivre sur celui d’un de tes camarades.
-    Je te prête le mien pour ce cours si tu veux, moi j’en ai pas besoin.

    Il me regarde d’un air étonné… A vrai dire je m’étonne moi-même de ce que je viens de dire. Depuis quand je prête mes affaires à quelqu’un ? Certes, je le conçois, mon bouquin de maths n’est pas le truc auquel je tiens le plus au monde, bien au contraire, mais tout ça ne me ressemble.

-    Euh… D’accord, me répond-il décontenancé.

    Je sors le livre de mon sac. Ce livre est un bouquin en or du genre le livre de potions qu’à Harry Potter dans le tome six. Toutes les réponses sont déjà écrites dedans, j’espère juste qu’il ne prendra pas un malin plaisir à toutes les effacer, ça me ferait mal.

-    N’use pas trop de la gomme s’il te plaît.

    Même si cette phrase est encore énigmatique pour lui en ce moment, il la comprendra bien une fois le manuel ouvert. Du moins, je pense qu’il n’est pas assez bête pour ne pas saisir l’avertissement.

-    Sam, tu peux le reconduire à votre salle ? Me demande la secrétaire.
-    Je peux y retourner tout seul, affirme le nouveau.
-    Oui voilà, il peut y retourner tout seul.

    Je n’ai aucune envie de me retrouver seule à nouveau avec lui. Les silences pesants, moi, je supporte pas ça et je le meuble en racontant certaines de mes erreurs de jeunesse histoire de bien m’humilier moi-même.

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[12] (Histoire) posté le vendredi 26 octobre 2007 18:44

 
 
-    Sam, s’il te plaît.
-    Très bien, très bien…

    Ai-je vraiment le choix de toute façon. Elles sont tellement gentilles avec moi que je peux bien faire ce qu’elles me demandent de temps en temps. C’est parti pour la bonne action de la journée.

-    Je repasse ici avant d’aller à l’infirmerie ou j’y vais directement ?
-    Tu repasses, je te prépare le mot pour l’infirmière.
-    Ok, à tout à l’heure alors.
-    Au revoir, leur dit-il poliment.

    Contrairement à l’allée, je décide de me dépêcher pour le retour. Je n’ai aucune envie de lui raconter les péripéties qui me sont arrivées lorsque j’avais deux ans, mais lui ne semble pas du même avis que moi et traîne dans le couloir.

-    Si tu te grouilles pas, je t’attrape par le bras et je te tire.
-    Et bien tire-moi.

    Je m’arrête subitement. Tais-toi esprit pervers, c’était seulement quelques mots anodins pour me dire que si je voulais qu’il se dépêche ce serait à moi de le faire bouger avec mes petits muscles pas bien développés. L’ordinateur ça ne remplace pas le sport… Dommage... Et en plus c'est de fille à garçon et pas l'inverse.

Je me cale sur sa cadence et nous retournons lentement jusqu’au bâtiment des sciences. Après avoir monté l’escalier je m’arrête à l’entrée du couloir. Si le prof de maths me voit revenir, ça risque de chauffer dur pour le matricule de mes « sauveuses ».

-    Quelque chose ne va pas ? M’interroge-t-il.
-    Oui, enfin non, c’est juste qu’il ne vaut mieux pas que Torturator me voit. Tu penses que tu retrouveras la salle seul ?
-    Je me suis tué à le dire tout à l’heure.
-    Oui c’est vrai…

    Je fixe alors mes yeux dans les siens. Je pense que je pourrais passer des heures à recenser les détails dans ses iris. Mais qu’est-ce que je raconte encore ? Va dormir, Sam, laisse-le là et va dormir.

-    Merci pour l’effort, dit-il en me sortant de ma contemplation.
-    Ah… Euh, de rien. Si tu pouvais faire quelque chose pour moi en retour...
-    Oui ce que tu veux.

    Que tu m’embrasses comme un fou en me plaquant contre le mur… Ah subconscient à la manque, pourquoi tu te révèles à moi aujourd’hui alors que ce mec est censé m’agacer ? Si je te choppe toi, je te le ferai payer.

-    Tu pourras dire au blond qui était à côté de moi en cours que si je ne suis pas en anglais c’est que les matelas de l’infirmerie ne sont ni trop durs, ni trop mous. Il risque de faire une blague graveleuse, mais faut pas t’inquiéter pour ça.
-    Aucun problème, me répond-il semi-amusé.
-    Merci Maxence.

    Tiens, je l’appelle plus le nouveau moi maintenant ? Je vais demander quand même demander à l’infirmière de me prendre ma température par acquis de conscience.
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Parlotte de fin de chapitre n°2 (Parlotte de fin de chapitre) posté le vendredi 26 octobre 2007 18:58


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    Voilà un chapitre de plus de publier. Je sais qu'il y a moins d'article que pour le précédent, mais il y a juste une centaine de mots de moins. C'est le découpage qui se prêtait à faire des articles un peu plus longs que les précédents.
 
Enfin bref, j'espère qu'ils vous a plu, personnellement je me suis encore une fois bien amusée à imaginer les réactions de Sam.
 
Bisouilles tout le monde et bavouilles pour les autres  
 
 
Musique : The Cinematic Orchestra - To Build A Home 
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[13] (Histoire) posté le samedi 27 octobre 2007 19:00

 

    Finalement je n’avais pas de fièvre et j’ai loupé le cours d’anglais. C’est l’heure de la récréation ! Bon d’accord, j’l’avoue ça fait très gamin, mais c’est l’heure pour moi d’aller embêter un peu mon petit Jeannot qui doit trouver un coin pour se fumer sa clope tranquille. Je vais tenter son coin préféré, mais s’il n’y est pas j’userai de mon ami le téléphone portable.

Je quitte ma chambre de fortune on n’oubliant pas de lancer un « on se reverra » à l’infirmière qui me fait un grand sourire. J’ai pas la cote parmi les hautes instances et les professeurs, mais les autres m’adorent. Je ne sais pas si je vais arriver à passer la porte devant moi, ça va peut-être coincer au niveau de la tête. Allez ! Je tente le tout pour le tout et je pousse ce bout de bois.

-    Putain ! Quel est le con qui a fait ça ?
-    Premièrement, c’est la conne. Deuxièmement quelle idée de se tenir derrière la porte ?
-    Ah c’est toi… J’aurais dû m’en douter.

    J’ouvre la porte un peu plus délicatement et voit mon meilleur ami le nez en sang. Décidément quand je suis un vrai danger public avec lui. Il y a eu l’épisode de la brûlure, mais on a passé sous silence le jour où mon compas m’a échappé des mains pour se planter dans l’une des siennes. Bon ben finalement quand je disais à l’infirmière que je la reverrai, j’avais pas tort.

-    Mets ta tête en arrière, je te guide, dis-je en lui attrapant la main.
-    Avec toi, j’risque de me prendre un bout du plafond sur la tronche.
-    Fais pas ta mauvaise foi et mets ta tête en arrière j’t’ai dit, tu vas mettre du sang partout et c’est une plaie à nettoyer.
-    Merci de plus penser aux femmes de ménage qu’à moi…
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