Parlotte de fin de chapitre n°30 (Parlotte de fin de chapitre) posté le dimanche 23 décembre 2007 18:37

 
 



    Voilà, la suite promise est enfin arrivée. Quelque part, vous pouvez vous estimez heureux que j'ai eu la présence d'esprit de m'envoyer les chapitres par e-mail, car mon frère devait s'occuper de mon PC hier et que depuis... Ben, je n'ai plus accès à ce même PC. J'espère qu'il réussira à le remette en état pour le prochain, car mon PC me manque vraiment... C'est dingue ça, même pas une journée et je suis déjà en manque (et pourtant je peux utiliser d'autres ordinateurs, mais mon mien me manque vraiment xD).

Bwef, maintenant je vais me cacher dans mon bunker pour éviter tous les projectiles et j'espère que malgré cette fin de chapitre qui ne sera pas, à mon avis, à votre goût, vous aurez apprécié le reste =)

Bisouilles tout le monde, rendez-vous mardi et passez un bon réveillon


Vidéo : 30 Seconds To Mars - Attack
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[157] (Histoire) posté le mardi 25 décembre 2007 16:56

 

Dix ans plus tard…

    Ca va maintenant faire dix ans que je n’ai pas remis les pieds dans cette ville. Dix longues années que je me suis exilée aux Etats-Unis pour ne plus avoir à faire face à tout ça. Je ne pouvais plus supporter de rester dans cette ville en sachant ce qu’il s’était passé. Tout a été si vite, comme un pied de nez de la vie pour me dire que j’avais été trop heureuse et que j’avais maintenant à souffrir de la perte d’un être cher. Aujourd’hui c’est à mon tour de tirer la langue à la vie et de la narguer, car je peux affirmer que même si j’ai toujours ce manque en moi, je suis heureuse comme je ne l’ai pas été depuis longtemps.

-    Bonjour toi.

    Je n’ai pas envie d’en dire plus de vive voix et puis… Je pense que ce serait déplacé de tenir une conversation dans un cimetière avec un mort qui plus est. Je pense que tu peux m’entendre penser. La télépathie ne doit plus avoir de secret pour toi de là où tu es alors, j’espère que tu as ouvert grand tes esgourdes et que tu écouteras attentivement ce que j’ai à te dire. Tu ne peux pas ne pas m’écouter alors que j’ai enfin trouvé le courage de te parler. Ce serait drôlement impoli de ta part.


Ca fait dix ans aujourd’hui jour pour jour que cet accident s’est passé. Accident ? Tentative d’assassinat devrais-je plutôt dire. Il avait dit qu’il se vengerait et il l’a fait, sauf que l’une de ses cibles n’était pas la bonne et qu’il s’est attaqué à une personne innocente ce jour-là. Je l’avais presque oublié, nous ne l’avions pas vu depuis cette altercation, mais il s’est rappelé à moi, à nous par la même occasion. Tu ne peux pas savoir la douleur que j’ai ressentie en vous voyant tous les deux étendus sur le sol. Moi qui n’avais jamais été dégoûtée par le sang… De voir le vôtre m’a fait tourner de l’œil.

Forcément, comme la vie sait être injuste, lui n’a même pas eu une petite égratignure. Il s’en est sorti totalement indemne et pourtant, même s’il était à l’abri dans sa voiture, le choc violent aurait dû quand même le blesser. D’après ce que l’on m’a dit, la seule chose qu’il a faite avant que la police et les pompiers n’arrivent c’est se marrer, se marrer alors que vous étiez en train d’agoniser sur le macadam. Personnellement, je ne sais pas, j’étais dans le trou noir le plus total à ce moment-là. Evanouie, c’est difficile de se rendre compte de ce qui se passe autour.

Je me suis réveillée à l’hôpital, ma mère en train de pleurer à mon chevet. C’est elle qui a eu la lourde tâche de m’annoncer de ton décès. Tu étais mort et le monde s’effondrait autour de moi. Tu tenais une part tellement importante dans ma vie que j’en avais presque oublié que vous étiez deux victimes dans cette histoire. Ma douleur s’est un peu apaisée quand j’ai appris que même si ça allait être long, lui s’en sortirait, au moins je ne vous perdais pas vous deux, mes seuls amis. Cependant, je n’ai pas eu le courage de lui faire face. J’ai préféré fuir une fois rétablie. Je ne suis même pas allée à ton enterrement et j’en ai honte maintenant. 
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[158] (Histoire) posté le mardi 25 décembre 2007 16:58

 
 
    Avec les quelques économies que j’avais, j’ai pris un billet d’avion pour les Etats-Unis. J’ai atterri à New-York sans savoir où j’irais après. Je me suis rapidement liée d’amitié avec quelques personnes chez lesquelles j’ai pu dormir jusqu’à me remettre à flots, trouver un job et pouvoir prendre mon propre studio. Pendant plus d’un an, je n’ai fait que travailler. J’essayais de faire le maximum d’économie pour pouvoir rentrer dans une université. Tout n’a pas été simple pour y arriver, mais j’avais la force et le courage pour le faire et ça m’a permis de réussir.

Pendant quatre ans j’ai fait de la littérature anglaise ma spécialité. Les cours me passionnaient vraiment et les notes que j’obtenais étaient le reflet de cet attrait. J’en suis ressortie diplômée. J’avais vingt-quatre ans, un diplôme en poche, des connaissances, mais je restais désespérément seule. Je ne donnais que des nouvelles sporadiques à ma mère. Juste de quoi lui apprendre mes réussites et de quoi apprendre son mariage avec Thierry et la naissance de mon petit frère. Tout se limitait à ça. Je ne voulais pas entendre parler de toi, de lui ou de cet être ignoble qui croupit toujours en prison.

Un matin, quelqu’un à frapper à ma porte. Quelqu’un que je n’attendais pas ou plutôt que je n’attendais plus. Ca faisait cinq ans jour pour jour que je ne l’avais pas vu. Je pense que tu te doutes bien de qui c’était et tu ne te trompes pas, c’était bien lui. Il avait décidé de me retrouver, car pour lui ces cinq années sans moi avaient été trop longues. Nous avons beaucoup discuté ce jour-là, beaucoup pleuré, mais beaucoup ri aussi en repensant à toi. Tous ces souvenirs étaient à la fois un pansement à notre plaie, mais pouvait aussi la rouvrir un peu plus.

Ce jour-là, j’ai retrouvé celui que j’avais perdu, mais différemment. Nous étions plus mûrs tous les deux, nous nous sommes vus sous d’autres jours que nous ne connaissions pas. Tu veux savoir ce qu’il y a de drôle dans cette histoire ? C’est que neuf mois plus tard naissait notre fille. Jamais avoir un enfant nous aurait effleuré l’esprit, mais elle était bien là et nous étions heureux de l’avoir. Elle s’est révélée être un très bon baume cicatrisant, même si elle est plus que ça, mais au moins elle a eu cet effet vertueux sur nous et pour ça nous l’aimons bien plus encore. 
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[159] (Histoire) posté le mardi 25 décembre 2007 16:59

 
    Cette petite puce, nous l’avons appelée Sara, car elle était notre petite princesse. Drôlement pourrie gâtée cette gamine d’ailleurs, mais bon ce n’était qu’au tout début, nous nous sommes rendu compte de cette erreur et l’avons rectifiée. De plus, d’ici quelques mois maintenant, plus précisément quatre, elle ne sera plus seule. Nous avons un peu tardé avant d’en refaire un autre, moi je n’aurais voulu que deux ans écart entre eux, mais ces choses-là ne se planifient pas et ça ne fait qu’augmenter notre joie d’avoir un nouvel enfant et puis nous nous sommes quand même mariés entre eux deux et ce n’est pas négligeable.

J’ai pu savoir son sexe à la dernière échographie, un petit garçon. Nous avons le droit au choix du roi, même si nous comptons bien en avoir un troisième un jour ou l’autre voire même plus… Qui sait ? Nous ne sommes à l’abri de rien et j’adore être enceinte. C’est un tel état de plénitude que ce devrait être considéré comme une drogue. Douce ou dure, je ne saurais réellement définir, mais mis à part les quelques sautes d’humeur qui déplaisent surtout à l’entourage, c’est tout bonnement génial. Jamais je ne me serais imaginée en maman et à mon avis tu m’aurais difficilement vue en tant que telle aussi, mais je pense que je me débrouille pas si mal que ça.

En parlant du petit bout à naître, tu sais que son père voulait qu’il porte ton prénom ? J’ai refusé, non pas que je ne pense pas à toi, mais je trouvais ça un peu trop malsain. Porter le prénom d’un mort… Ca aurait sûrement trop lourd à supporter pour lui dans le futur. Alors, on s’est mis d’accord, son second prénom sera le même que le tien et maintenant il ne nous reste plus qu’à nous creuser la tête pour trouver le premier. Je sais que tu te dis que nous avons le temps, mais ils arrivent bien plus vite qu’on ne le pense. Je n’ai même pas vu ces cinq mois passés, c’est pour te dire à quel point le temps passe vite parfois.


-    Maman, maman !
-    Du calme ma puce, on ne doit pas parler fort ici.
-    D’accord, dit-elle en chuchotant cette fois.
-    Où est ton père ?
-    Il arrive, il vient te chercher.
-    Et pourquoi tu es déjà là toi ? Tu as lâché sa main ?
-    Oui, avoue-t-elle en rougissant légèrement.
-    Tu sais pourtant que je ne veux pas que tu fasses ça.
-    Pardon maman.

    Je ne suis pas la mère la plus sévère du monde, mais après ce qu’il vous est arrivé, je ne veux pas prendre le risque de revivre la même chose avec elle et comme je sais pertinemment qu’une main lâchée ou un moment d’inattention peuvent s’avérer grave avec un enfant, je suis peut-être un peu plus regardante là-dessus. 
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[160] (Histoire) posté le mardi 25 décembre 2007 17:00

 
 
-    Sam, je sais que tu n’es pas là depuis longtemps, mais ta mère va nous attendre.
-    J’arrive dans une minute, juste le temps de lui dire au revoir.
-    D’accord, je vais en profiter pour le saluer alors.
-    De qui vous parlez ? Vient demander Sara.
-    D’un ami très cher à papa et maman.
-    D’accord.

    Je me vois dans l’obligation de maintenant te dire au revoir. Je suis revenue en France pour te voir, mais aussi pour voir ma mère, Thierry, rencontré mon petit frère qui a maintenant sept ans et leur présenter Sara. Je reviendrai probablement dans peu de temps leur présenter le petit homme sans nom encore. J’attendrais juste qu’il soit assez grand pour supporter un si long voyage. Car oui, je reste aux Etats-Unis, je ne veux plus vivre en France. L’angoisse de revoir Renan est toujours trop forte même si je sais qu’il doit encore passer douze ans derrière les barreaux.

J’ai peur pour ma famille parfois, mais ma mère me rassure en me disant que d’ici douze ans mon petit frère aura pris son envol et qu’elle et Thierry déménageront dans un coin probablement plus tranquille et que par conséquent Renan ne pourra pas les trouver si facilement. Ai-je oublié de préciser qu’une fois de plus il a promis de se venger ? Cette information me fera sûrement passer pour moins paranoïaque à tes yeux. Quoi qu’il en soit, tu me manques beaucoup. Tu nous manques beaucoup. Je pense que ma vie aurait totalement été différente si tu étais toujours parmi nous, mais cette vie ne me déplaît pas tant que ça, il n’y a que ton absence qui l’empêche d’être totalement parfaite.

-    J’ai presque fini. Partez devant je vous rejoins, je n’ai plus qu’à lui dire au revoir.
-    Très bien. Tu viens Sara ? On va à la voiture.

    Je les regarde s’éloigner tous les deux.

-    Jean ! L’interpelé-je.
-    Quoi mon cœur ?
-    Je vous aime.
-    On t’aime aussi mon amour.

    Maintenant il est temps pour moi de te dire au revoir.

-    A bientôt et continue de veiller sur nous parmi les anges s’il te plaît.
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