Parlotte de fin de chapitre n°29 (Parlotte de fin de chapitre) posté le vendredi 21 décembre 2007 03:28


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    Comme vous pouvez vous en douter, j'ai fini d'écrire l'histoire. Il y a quelques minutes pour être totalement honnête. Vous aurez l'épilogue le 25 décembre, pas plus comme cadeau de Noël que pour clôturer ce blog pile poil deux mois après l'avoir commencé. Je dois vous avouer que ça me fait très bizarre de mettre enfin un terme à cette histoire. Quand je l'ai commencée je la voyais sans fin. Trêve de blablatages, il faut que j'en garde pour le dernier article parlotte.

J'espère que ce chapitre récapitulatif vous aura plu. J'ai bien aimé l'écrire pour ma part, je ne sais pas vraiment pourquoi, c'est juste comme ça =)


Bisouilles tout le monde et rendez-vous dimanche pour le chapitre 30


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[153] (Histoire) posté le dimanche 23 décembre 2007 18:26

 

    Ca fait bientôt une heure que je m’entraîne devant cette glace. Au moins, je suis totalement sûre que je peux me le dire à moi-même. Après, je ne peux pas dire que je sois la personne qui m’intimide le plus. Je viens aussi de penser qu’il va falloir que je l’annonce à ma mère et ça… Ca ne va pas être du gâteau, de la tarte ou autres petites douceurs sucrées. Au contraire, je pense que ça va plutôt avoir le goût salé de larmes coulantes sur nos joues. Elle, parce qu’elle ne veut pas me laisser essayer et moi parce que je veux le tenter justement.

Il reste encore une autre petite heure avant que le bruit de la sonnette ne retentisse alors, je vais faire une petite approche pleine de sous-entendus vers ma mère. J’espère qu’elle ne s’enflammera pas trop, mais comme rien n’est prévisible autant que je prépare mon cerveau à dire que c’était une blague et à la laisser sur le fait accompli le jour-J. Bon, on se fout un bon petit coup de pied dans les fesses et on va dans le salon parler à sa maman chérie.

-    Maman ?
-    Qu’y a-t-il ma puce ? Demanda-t-elle à son tour.
-    Tu sais que l’année prochaine je vais à la fac ? Enfin, si j’ai mon bac bien sûr.
-    Oui, je le sais, pourquoi cette question ?
-    Tu sais aussi qu’on habite assez loin de la fac. Je me disais que ce serait bien si je pouvais m’en rapprocher et éviter un trop long trajet.

    Un ange passe. Dommage, ce n’est pas Maxence, ça m’aurait fait un joli spectacle, mais bon, il faut savoir se contenter de ce que l’on a, non ? En attendant, ma mère me regarde tellement fixement que c’en est presque effrayant. Va-t-elle me sauter à la gorge et me dire que je vais devoir vivre avec elle jusqu’à mes quarante ans ? Argh ! Non, pas moyen ! Bon, on la relance tout doucement, histoire de ne pas faire de tsunami, mais uniquement des vaguelettes.

-    Maman ?
-    Tu veux ton propre appartement ? C’est ça ? Mais comment comptes-tu payer le loyer ?
-    Ben, le loyer pourrait être divisé par deux si je me mettais en colocation…

    Un deuxième ange fait son apparition. Décidément, si cette conversation dure encore un peu plus longtemps, on va avoir tout le paradis réuni dans notre salon. Cette fois-ci, elle ne me fixe plus, non, elle semble plutôt porter un intérêt tout particulier au ficus qui est à côté de la télé. Il vient de parler ou quoi ? On a un ficus savant à la maison ! On va pouvoir le faire apparaître dans des émissions de télé plus débiles les unes que les autres et bien remplir nos comptes en banque. Trêve de très grosses plaisanteries…

-    Viens-en au fait Sam. Ne tourne pas autour du pot, dit enfin ma mère.
-    Max m’a proposé de vivre avec lui et…
-    Je m’en doutais, ça cachait bien quelque chose, me coupe-t-elle.
-    Et je crois que je vais accepter de faire un essai. Vivre avec lui cet été et voir ce que ça donne. 
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[154] (Histoire) posté le dimanche 23 décembre 2007 18:29

 
 
    Elle prend sa tête entre ses mains et commence à sangloter. Quoi ? C’est de sa faute aussi, à la base je ne comptais pas lui dire, c’est elle qui a voulu savoir et je n’ai répondu qu’à son désir. Pourquoi une réaction aussi violente de toute manière ? Je viens d’avoir dix-neuf ans et des tas de personnes de dix-neuf ans prennent leur envol du nid. Bon la majorité ne va pas vivre avec son petit ami, mais ce n’est qu’un détail dans le problème de fond.

-    Ne pleure pas maman, s’il te plaît, ce n’est pas comme si j’allais mourir.
-    Je sais ma puce, je sais, articule-t-elle entre deux sanglots. C’est juste que je viens de me rendre compte que ma petite fille est devenue une jeune femme.

    Dire que je redoutais ce jour : celui où ma mère se mettrait à parler de moi comme d’une fille bonne à marier. Il est enfin-là et je peux vous assurer que je ne sais vraiment pas quoi lui dire. Je suis une jeune femme, je le conçois totalement, mais il faut aussi avouer que ça fait longtemps que j’ai dépassé le stade de la petite fille qui joue avec ses poupées et puis de toute façon, j’ai jamais eu de poupées, j’étais plus fan de petites voitures qu’autre chose.

-    Est-ce que ça cache autre chose ? Demande-t-elle soudainement.
-    Pardon ?
-    Ce n’est pas parce que tu es enceinte que tu vas vivre avec lui ? Promets-le-moi.
-    Maman ! Bien sûr que non je ne suis pas enceinte ! Où t’as été pêcher cette idée ?
-    On ne sait jamais, ma puce, on ne sait jamais.

    C’est pas vrai. J’espère simplement qu’elle ne ressortira pas ça devant Maxence ou alors, ils vont être deux, voire même peut-être trois avec Jean, à flipper comme des malades. Tout va bien dans le meilleur des mondes et je n’ai pas de mioche en route sinon je le plaindrais sincèrement le pauvre. Déjà avoir une mère comme moi, mais c’est surtout la grand-mère qui serait la plus effrayante je pense et je ne parle même pas de l’hypothétique arrière-grand-mère.

-    Essayer cet été tu as dit ? Reprend-elle.
-    Oui. Se donner deux mois pour voir si on s’accorde bien.
-    Ce n’est pas une mauvaise idée, assez mature pour être prise au sérieux et comme tu dis que tu n’es pas enceinte…
-    Maman ! M’exclamé-je en la coupant.
-    Je ne vois pas pourquoi je t’en empêcherai, finit-elle par dire.

    C’est à mon tour d’être, pour dire poliment, sur les fesses. Jamais je n’aurais cru qu’elle accepterait aussi facilement. Je vais finir par penser qu’elle a quelque chose à me cacher, mais bon, je ne veux pas tomber dans son petit jeu, car quelque part ce serait lui faire croire que c’est la même chose pour moi alors que ce n’est pas du tout le cas.

-    Merci, soufflé-je.
-    De rien, ma puce.

    Je la serre dans mes bras. Nous n’avons pas connu ce contact depuis longtemps et je dois avouer qu’il me manquait. C’est une façon de la remercier à mon échelle, c’est-à-dire assez petite. Le bruit de la sonnette vient nous couper dans cet élan de tendresse. Ca fait déjà une heure qu’on parle ensemble ? Est-ce possible ? Quoi que… Avec tous ces silences, c’est plutôt normal. Je me lève et vais ouvrir aux garçons.

-    Bonjour mon Jeannot, le salué-je en lui faisant la bise. Ca va ?
-    Un peu stressé et toi ?
-    Très stressée, mais bon. 
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[155] (Histoire) posté le dimanche 23 décembre 2007 18:32

 
 
    Je le laisse entrer et fait face à Maxence qui le suivait de près. Je lui souris avant de l’embrasser comme il se doit. Je me détache de ses lèvres, mais reste quand même collée contre lui.

-    Bonjour mon ange. Ca va ?
-    Très bien puisque je te vois.
-    Arrête, je déteste quand tu sors ces phrases préfabriquées.
-    Je sais, c’est pour ça que je continue.

    Je lui donne un petit coup dans les côtes. Décidément, il ne finira jamais de me taquiner celui-là, mais j’avoue que ça me plaît. Peut-être mon côté masochiste qui aime quand il m’énerve un peu. Je ne sais pas vraiment, mais quelque part je le prends comme une façon de dire qu’il tient à moi. J’interprète peut-être mal, mais à vrai dire je m’en fiche puisque j’aime cette interprétation probablement erronée.

-    Il reste combien de temps avant qu’ils affichent les résultats ? Demandé-je à l’adresse des deux garçons.
-    D’ici une demi-heure, me répond Jean.
-    C’est pas la peine de poireauter devant le bahut à rien faire, autant rester ici encore une vingtaine de minutes et se mettre en route.
-    Pas bête.
-    Alors, direction ma chambre dans ce cas. Histoire de ne pas déranger ma mère.

    En effet, je viens à peine de quitter cette dernière qu’elle est déjà pendue au téléphone avec, probablement, Thierry. Une vraie petite adolescente ma mère. Bientôt, je ne vais même plus pouvoir contrôler ses heures de rentrée et de sortie, je suis sûre qu’elle va en profiter un maximum.

Je fais signe aux garçons d’avancer. Jean prend la tête de la marche pendant que moi je la ferme. J’ai bien l’intention de retenir Maxence quelques minutes pour lui parler de tout ça. Autant éviter de le faire devant Jeannot qui n’arrêtera pas de nous charrier pendant plusieurs jours voire peut-être semaine tellement la nouvelle semble « importante ».

-    Attends un instant, dis-je à Max avant qu’il n’entre dans la chambre.
-    Qu’est-ce qu’il y a ?
-    La réponse est : oui, je pense que ça serait bien.
-    Quoi ?

    Un sourire énigmatique se dessine sur mes lèvres. J’entre dans la chambre. Ce n’est pas vraiment ce que j’avais prévu, mais là c’est mon côté sadique qui reprend le dessus et j’ai donc envie de le laisser chercher avant de lui dire ce que je sous-entendais par cette phrase.

-    J’espère que je n’aurais pas à passer le rattrapage, déclare Jean alors que nous entrons.
-    Si tu passes le rattrapage mon Jeannot, moi j’ai plus qu’à repiquer.
-    Je ne sais pas, je pense que je me suis lourdé en philo.
-    Mais bien sûr monsieur l’optimiste. On en reparlera quand on verra : admis avec mention très bien, sur le papier. 
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[156] (Histoire) posté le dimanche 23 décembre 2007 18:34

 
 
    Maxence reste muet. Je pense qu’il est toujours bloqué sur le « oui, je pense que ça serait bien ». Décidément il n’est pas très rapide le coco. C’est pas grave, je lui dirais en sortant de la chambre. Je ne peux pas le laisser dans l’ignorance totale sinon dans deux ans je suis toujours dans cette chambre en train de l’attendre. C’est dingue de ne pas pouvoir se souvenir d’une question aussi importante. Pour ma part, elle n’a pas quittée mon esprit depuis qu’il me l’a posée.

-    Ah ! S’exclame-t-il. C’est vrai, tu es d’accord.
-    Non, non, je plaisantais, en fait je trouve ton idée totalement débile… Bien sûr que je suis d’accord, mais avec seulement une petite condition.
-    Laquelle ?
-    Une période d’essai cet été pour voir si on arrive à s’entendre.

    Jean nous regarde, totalement perdu. Maxence quant à lui se jette littéralement sur moi pour m’embrasser. Bon finalement il n’est pas si lent que ça, j’enlève ce que j’ai dit précédemment. Je profite un maximum de ce baiser qui se fait de plus en plus fougueux. Je pense que nous pouvons dire que nous sommes vraiment heureux en cet instant.

-    Par pitié ! Je sais bien qu’on est dans une chambre, mais quand même, dit Jean en nous sortant de notre bulle.
-    Pardon. Euh, on ne devrait pas y aller, là ? Demandé-je pour changer de sujet.
-    Ne compte pas t’en sortir comme ça, Sam ! Je saurais de quoi vous parlez !

    Je suis en train de trembler comme une feuille. Non, mais quelle menace de la part de mon Jeannot. J’ai vraiment envie de me marrer là, mais je ne le ferais pas pour ne pas le vexer. Nous sortons de la chambre, je tiens la main de Maxence et n’ai pas envie de la lâcher malgré le regard désespéré de Jean. Au contraire, ça me donne plus envie de continuer qu’autre chose voire même d’en faire plus.

-    Maman, on y va.
-    Tu n’oublies pas de me prévenir ma puce.
-    T’inquiètes.

    Nous sortons de la maison. Une rue a traversé, quelques centaines de mettre à parcourir, cinq minutes à attendre et nous serons fixés sur ce que nous allons faire pendant la prochaine année scolaire. Alors que nous allons emprunter le passage protégé, je me rends compte que j’ai oublié quelque chose dans ma chambre, une chose sans laquelle je risque une mort imminente : mon portable. Je lâche la main de Maxence qui s’arrête.

-    Allez-y, je vous rattrape. J’ai oublié mon portable, commencé-je à expliquer, et même si j’habite à côté du bahut, ma mère ne me pardonnera pas si je ne l’appelle pas pour lui dire si j’ai mon bac ou non.
-    Tu es sûre que tu ne veux pas qu’on attende ? Me demande Maxence.
-    Non, ça va, je ne risque pas de me perdre.

    Je me retourne pour me diriger vers la maison pendant qu’ils commencent à traverser. Tout se passe d’abord extrêmement vite, le bruit de pneus qui crissent, suivi de celui d’un choc et après tout est lent comme une scène au ralenti. Je me retourne et un seul mot sort de ma bouche à la manière du hurlement d’un loup. Ce simple mot : non.

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