Parlotte de fin de chapitre n°27 (Parlotte de fin de chapitre) posté le mardi 18 décembre 2007 16:16

 
 


    Me revoilou ! Non, je n'étais pas morte, j'étais juste à fond dans les dramas. J'ai passé ces derniers jours sur la saison une de It Started With A Kiss, sur les deux saisons de Hana Yori Dango et là je suis en train de regarder les épisodes de Full House. Autant dire que je n'ai pas eu le temps d'écrire jusqu'à lors avec tout ça, mais que j'étais plutôt en train de baver sur Zhi Shu et Hanazawa Rui.

J'espère que ce nouveau chapitre vous aura plu. Je vous donnerai de plus amples informations quant aux trois derniers sur le prochain article « parlotte », mais je peux d'ors-et-déjà vous dire que je les publierai sur six jours normalement.

Bisouilles tout le monde et houille pour les autres
 
 
Vidéo : 30 Seconds To Mars - From Yesterday (version longue)
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[145] (Histoire) posté le mercredi 19 décembre 2007 00:06

 

    Une course poursuite s’en suit dans la ville. Je crois que je n’ai jamais couru aussi vite de ma vie, mais mon esprit de vengeance m’a donné des ailes. Si je dois me crever à piquer un sprint, je ne serais pas la seule. Mes pieds me portent jusqu’au parc de notre premier rendez-vous. Je passe devant la serre, mais ne m’y arrête pas. Non, aujourd’hui je vais ailleurs, aujourd’hui je suis redevenue une enfant de trois ans qui vient de perdre son père. Je m’arrête devant les balançoires et m’assoit sur l’une d’elles. J’ai froid, mais ce n’est pas grave, ça passera.

-    Tu as voulu me tuer, dit Maxence en arrivant, essoufflé.
-    Ca fait du bien de courir… Tu trouves pas ?
-    Ca dépend des jours.

    Il se plie en deux, mets ses mains sur ses cuisses et tente de reprendre son souffle. Une fois la chose faite, il vient me rejoindre et s’assoit sur la balançoire qui se trouve à côté de la mienne.

-    Froid, frisonne-t-il.
-    C’est revigorant.
-    Je ne savais pas que c’était ton père.
-    Je m’en doute… Même si c’est vraiment bizarre…
-    Comment ça ?

    Je me tourne un peu pour le regarder dans les yeux. Ces si beaux yeux gris par lesquels passent toutes ses émotions. Aujourd’hui je n’y vois que de l’interrogation. Il va falloir que je réponde à ses questions, mais je ne le ferai que sous la condition qu’ils répondent aux miennes. J’ai rongé mon frein jusqu’à lors, mais je n’en peux plus de ne rien savoir, de glaner des informations par-ci par là sans avoir un ensemble devant moi.

-    Ca a commencé avec Jean, mais après tout, une personne en commun c’est banal et puis de toute façon sans lui on ne se serait pas vraiment connu. Ensuite, il y a eu Renan. Le pire des enfoirés, mais je me rends compte que tu le connais aussi, mais sur ça je n’ai pas le droit de savoir quoi que ce soit là-dessus et pour finir… C’est mon père que tu considères comme le tien. Je ne suis pas jalouse, non, je te le laisse volontiers, mais au moins avoue que c’est bizarre. Les trois autres seuls hommes que j’ai réellement connu dans ma vie, tu les connais toi aussi et tu es le quatrième qui ferme ce quatuor fermé. 
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[146] (Histoire) posté le mercredi 19 décembre 2007 00:07

 
 
    Ca y est. C’est dit. Calmement, mais fermement. Ca me soulage quelque part. Je veux savoir si tout est lié où si ce ne sont que de purs coïncidences. Personnellement, je crois que ce ne sont que des hasards, mais j’avoue que sur cette balançoire je ne sais plus quoi penser. Je doute de tout, de lui aussi, mais principalement de moi. C’est cette hésitation sur ma vie qui entraîne les autres je pense. J’attends, je n’ai plus qu’à attendre de toute façon.

-    Que veux-tu que je te dise ? Qu’en fait je t’ai connu par toutes ces personnes et que comme je suis un grand détraqué j’ai voulu te voir en chair et en os, te séduire et faire de toi ma chose ? Je ne peux pas te le dire… Parce que ce n’est pas vrai. Je t’ai rencontré pour la première fois à la fête de Jean et certes, oui, il m’avait parlé de toi avant, mais de temps en temps, sans insister.

    Je souffle. Je suis rassurée, mais je ne sais pas du tout quoi penser. La vie et ses mystères… Il a fallu que je tombe amoureuse de lui. Ca aurait pu être un autre qui n’aurait connu aucune personne de mon passé, mais non ça aurait été trop facile. Ca ne m’aurait pas fait vivre tant de « surprises » durant ces quatre derniers mois. J’ai déjà entendu que la vie est une chienne, mais je crois que la vie est surtout une incorrigible farceuse qui s’amuse de nos étonnements.

-    Ca fait combien de temps que tu le connais ? M’aventuré-je.
-    Qui ?
-    Mon père…
-    Une dizaine d’années… Je devais avoir sept ou huit ans quand ma mère et lui se sont rencontrés. Elle l’a quitté pour l’autre naze qui avait plus de fric et donc pouvait répondre à ses attentes.
-    Je vois…

    Dix ans… Il a donc commencé à être mature il y a une dizaine d’années, mais il n’a pas donné signe de vie pour autant. Pourtant, je dois avouer qu’à cette époque je ne le détestais pas encore et que je l’imaginais sonnant à la porte et nous disant qu’il était de retour. Qu’il était une sorte d’agent secret qui était en mission pendant toutes ces années. Insensé, non ? J’étais juste une gamine qui avait trop regardé James Bond je pense.

-    C’était un bon beau-père ?
-    Oui, souffle-t-il.
-    Alors, c’est tant mieux. Je suis contente pour toi…

    C’est sincère. Je me réjouis qu’au moins une personne ait été heureuse grâce à mon père. Dire que je continue à l’appeler comme ça alors que je n’ai plus envie de le considérer comme tel. Rien n’y fait, il est et restera mon père même si je ne l’aime plus, même si je ne veux plus avoir à faire à lui maintenant. Je l’ai réalisé en le revoyant, j’avais plus envie de lui faire la leçon pour ma mère que pour moi. J’ai grandi sans père et je ne saurais jamais ce que ça fait d’en avoir un, mais je crois que je m’en suis accommodée. 
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[147] (Histoire) posté le mercredi 19 décembre 2007 00:08

 
 
-    Je peux te poser une autre question ?
-    Si tu veux…
-    Je ne sais pas si tu y répondras, du moins je l’espère…
-    J’y répondrai. Il est temps que je prenne mes responsabilités face à toi, non ?

    Je lui souris. J’espère simplement que sa résolution ne s’envolera pas au même moment que ma question sera posée. Je croise mes doigts, cachés dans ma manche.

-    Depuiscombiendetempsconnais-tuRenanetcommentl’as-tuconnu ? Déblatéré-je d’un seul coup.
-    Quoi ?
-    Depuis combien de temps connais-tu Renan et comment l’as-tu connu ? Articulé-je cette fois.
-    Je m’attendais bien à cette question…

    Il me fait un sourire désolé, mais semble bien déterminé à y répondre. Je lui laisse le temps de rassembler tous ses esprits. Je ne veux pas m’impatienter, je ne veux pas le bousculer non plus. Je patiente donc, même si cela ne fait pas habituellement parti des vertus qui me sont attribuées.

-    Depuis que je me suis installé dans cette ville, donc depuis que ma mère s’est entichée de l’autre… Ca va bientôt faire quatre ans.
-    Quatre ans… Je ne sais pas si je dois être effrayée ou rassurée.
-    Comment ça ?
-    Effrayée parce qu’il a dû parler de moi, je n’en ai aucun doute et rassurée parce que tu l’as connu avant moi et que bizarrement ça me fait moins peur.
-    Il a dû parler de toi en effet, mais je pense que je ne vais pas te surprendre que tu étais une parmi tant d’autres.
-    Non, tu ne me surprends pas du tout.

    C’est vrai. Je me doutais bien que je n’étais pas la seule à avoir goûté à sa banquette arrière. J’aime mieux ça, c’est sûrement égoïste, mais je l’aurais encore moins bien supporté si j’avais été la seule à être bernée.

-    Maintenant, je vais expliquer le comment.
-    D’accord.
-    Je venais de débarquer en ville et je ne connaissais personne. Je trainais souvent sans vraiment de but et puis j’ai rencontré Renan et sa bande lors d’une de mes nombreuses balades. J’étais un adolescent qu’on pouvait qualifier rebelle même si ce terme me fait doucement rire aujourd’hui.
-    Et moi donc, n’arrivé-je pas à me retenir.
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[148] (Histoire) posté le mercredi 19 décembre 2007 00:09

 
 
    Il me regarde avec un sourire triste sur les lèvres avant de poursuivre.

-    Bref. Ils me semblaient faire partis de la même trempe que la mienne. Ca m’a plu. Je me suis rapidement intégré dans leur groupe. Nous « régnions » sur la partie nord de la ville. Ca fait très américain en y pensant, mais c’était la réalité. Avec eux j’ai tout testé des virées nocturnes, en passant par la drogue et en terminant par les filles.
-    Tu veux dire que ?
-    J’étais un pur connard comme Renan ? Tout à fait, on se serait rencontré il y a un an. Tu m’aurais sans doute fui comme la peste.

    Lui ? Un connard ? J’aurais presque envie de rire si je ne savais pas qu’il était sérieux. Il a changé, c’est le point principal, mais pourquoi ? C’est maintenant la grande question que je me pose.

-    Pourquoi as-tu changé ? M’hasardé-je enfin.
-    Il y a un peu moins d’un an, Renan est arrivé dans le squat qui nous servait de QG en nous annonçant la bouche en cœur que l’une des filles qu’il avait je cite : « choppé », s’était suicidée à cause de lui. Il nous l’avait annoncé victorieux, pour lui c’était une chose dont il pouvait être fier. Les filles étaient de plus en plus accros à lui.

    Je déglutis difficilement. Jamais je n’aurais pensé qu’une fille pouvait en aller si loin, mais en ayant ce fait devant moi, je me dis que quelque part j’aurais pu être cette fille si j’avais été un peu plus faible et que d’autres auraient pu le faire bien avant. Décidément, ce type est le diable incarné.

-    Je me suis rendu compte que j’avais sûrement fait souffrir des filles aussi et j’ai arrêté de traiter les filles comme ça en premier et de les voir en second. Je me suis refait une nouvelle vie en prenant mon appartement et la suite tu la connais.
-    Je t’imagine mal en mini-Renan… Je dois bien l’avouer.
-    Moi aussi,  remarque. Avec le recul, je me dis que ce n’était pas moi, juste un double que je n’aimerais pas rencontrer.

    Dire que si cette fille n’avait pas été jusque là, je n’aurais sans doute jamais rencontré Maxence fait se resserrer un peu plus mon cœur. Grâce à lui j’ai changé, j’ai retrouvé un peu de celle que j’étais auparavant tout en faisant un mix avec celle que je suis aujourd’hui. Du cynisme, mais pas trop en somme. Juste ce qu’il faut pour que je continue de me protéger un peu face à ceux qui ne me connaisse pas réellement et dont je ne veux pas me laisser connaître en fait.

-    Heureusement pour moi, tu as changé.
-    Heureusement pour moi aussi, je dois bien avouer.
-    Heureusement pour nous alors, dis-je dans un sourire.

    Je me rapproche de lui toujours assise sur la balançoire et dépose un baiser qui se veut doux sur ses lèvres et repart aussi sec sur ma position initiale en cessant de m’appuyer sur mes pieds. Je me balance un peu, je retourne en enfance le temps de quelques mouvements vers le ciel qui est gris en ce mois de janvier.

-    Si on rentrait maintenant ? Me propose Maxence en se relevant.
-    Mais mon père ?
-    Est parti juste après nous, il vient de m’envoyer un message pour me dire qu’il avait laissé les clefs sous le paillasson.
-    Ca tombe bien, j’ai envie de prendre une douche, annoncé-je un sourire coquin sur les lèvres.

    Je me lève à mon tour et l’attrape par la main. Pour le retour nous marchons, contrairement à l’allé, mais notre allure est tout de même plutôt rapide, car au fond nous ne sommes que deux enfants amoureux l’un de l’autre qui s’apprêtent à jouer à l’un de leur jeu de grands. 
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