Je dépose tout ce que
j’ai dans les mains sur la table. Au moins, il a tout ce
qu’il faut du désinfectant, en passant par les
pansements jusqu’à la crème à
l’arnica. Autant dire que tout ça me donne
l’impression que ce n’est pas sa première
bagarre et qu’il a appris quoi utiliser au fil du
temps, mais comme je n’ai pas envie de lui demander quoi que
ce soit ce soir, je verrais à repousser les confidences un
autre jour. J’ouvre le flacon de désinfectant et en
mets sur un coton.
-
Désolée d’avance pour les éventuelles
douleurs.
- Ca va, je suis un dur à
cuire moi, plaisante-t-il.
Je m’approche tout doucement et commencent
à tamponner la plaie qu’il a sur la joue.
J’espère simplement qu’il n’aura pas
besoin de point de suture, car ça… Je ne sais pas
encore faire. Je devrais d’ailleurs, avec ma maladresse
mondialement connue, ça m’éviterait les tours
par les urgences. Alors que je continue ce que j’ai
entrepris, je sens un mouvement de recule de sa part.
- Un dur à
cuire tu disais ? Pourtant, ajouté en prenant le flacon
dans ma main, il est dit qu’il ne pique pas
celui-là.
- C’est pas gentil de se
moquer.
- Mon pauvre petit choupinet
d’amour, dis-je avant de l’embrasser du bout des
lèvres.
Il me sourit autant qu’il peut avec sa
lèvre ouverte. Je continue de le soigner
jusqu’à ce que son visage soit couvert de petits
pansements et sentent bon l’arnica. Je m’éloigne
un peu pour regarder l’étendu des dégâts.
Ca va, ça pourrait être pire, il faudra juste
surveiller tout ça de près.
- Voilà.
T’es presque tout neuf.
- Merci ma petite
infirmière… Même si ça aurait
été encore plus agréable avec le costume
conséquent.
- Espèce de petit pervers
va, dis-je en souriant. Ah merde ! J’ai encore
oublié ça…
- Ca quoi ?
- Enlève ton pull
s’il te plaît.
- Seulement si
t’enlèves le tien, rétorque-t-il faussement
sérieux.
- Ne fais pas l’idiot !
Tu as reçu un coup dans le ventre, je veux voir si tout est
ok de ce côté-là.
Il obéit et
enlève son pull. Mamma mia ! Je suis toujours en extase
devant son torse. Je secoue la tête pour me remettre les
idées en place et regarde le tout attentivement. Un petit
hématome s’est formé, mais rien de bien
inquiétant. Là encore ce sera à surveiller et
je suis sûre que cette surveillance accrue ne va pas
être pour me déplaire.
- Dis maman, je peux
renfiler mon pull ? C’est pas le tout, mais j’ai
froid moi.
- T’as pas plutôt une
chemise ? Histoire que je puisse voir si le bleu
s’étend ou non ? Et surtout… Ne
m’appelle plus jamais maman.
- A vos ordres
madame !
- Je te jure que si tu ne me
faisais pas pitié avec ce visage tuméfié, tu
te serais pris un coussin en travers de la
tronche.
Il se lève et va vers sa commande
d’où il tire une chemise blanche immaculée
qu’il enfile rapidement. Si je m’écoutais je lui
sauterais dessus… Mais ça risquerait
d’être brutal et le pauvre petit a déjà
bien assez de douleurs comme ça pour que je n’en
rajoute ! Monsieur veut faire le brave, mais je vois
très bien qu’il a mal.
- Youhou ?
Sam ? Tu m’écoutes où tu es trop
occupée à me mater ?
- Je suis trop occupée,
dis-je en souriant.
Il s’approche jusqu’à se
retrouver à une dizaine de centimètres de moi et avec
l’aide de sa main gauche relève ma tête de telle
sorte que je sois obligée de le regarder dans les
yeux.
- J’appelle le
neurone de Sam et lui demande une minute d’attention. Ne
croit-il pas qu’il serait judicieux d’appeler la
mère de sa propriétaire pour la prévenir
qu’elle dort ici ce soir ?
- Ici, le neurone de Sam, je vous
reçois cinq sur cinq. Sa mère est déjà
prévenue, elles en avaient convenu dans la
voiture.
- Très bien, merci le
neurone de Sam. Transmission terminée.
- Je peux continuer à te
mater maintenant ? Demandé-je le plus
sérieusement du monde.
Il garde ma tête levée vers ses
yeux et approche dangereusement son visage du mien avant de prendre
le contrôle de mes lèvres. Je le laisse faire, je
n’ai pas envie de commettre une boulette et de lui faire mal.
Là, c’est lui qui gère sa douleur et il ne peut
s’en prendre qu’à lui-même.
- Tu sais que tu peux
faire plus que regarder ? M’interroge-t-il en quittant
mes lèvres un instant.
- C’est vrai ?
C’est intéressant.
Il me sourit et
m’embrasse à nouveau. Plus fougueusement cette fois.
Je me décide à prendre enfin vraiment part à
cet échange, c’est pas grave s’il a mal. Comment
ça pas charitable ? Je me demande qui le serait en
pareilles circonstances. Je fais tomber au sol la chemise
qu’il vient de mettre tout en poursuivant ce long et
langoureux baiser. J’en profite pour me coller contre lui et
capter la chaleur qui émane de sa peau.
- Tu vas me rendre
fou, assure-t-il en reprenant son
souffle.
Je mets mes mains autour de sa nuque et me
cambre, me collant encore plus contre lui. Je vais le rendre
fou ? Mais c’est le but escompté ! Je joue
avec sa lèvre inférieure en prenant bien soin
d’éviter le côté où elle est
fendue. Maxence me fait reculer jusqu’à ce que je bute
sur ce qui semble être la table, il me penche dessus.
Cependant, la réalité vient très vite nous
rattraper et Max étouffe un cri de douleur. Je me
relève rapidement.
- C’est pas
sérieux ce qu’on fait.
- Pas encore,
soupire-t-il.
- Tu es blessé mon
ange.
Je lui adresse un sourire
désolée.
- Je vais prendre une
douche, l’informé-je.
-
D’accord…
Je rentre dans la salle de bain et referme la
porte derrière moi. J’ai envie de me foutre des
claques. Je suis prête pourtant, je suis plus que
prête, mais il y a toujours un frein quelque part… Je
me déteste !
- T’es vraiment
nulle, dis-je en regardant mon reflet dans le
miroir.
Je me déshabille rapidement et entre dans
la cabine de douche. J’ouvre le robinet d’eau chaude.
Une bonne douche bouillante pour me détendre. Je laisse
l’eau couler sur ma peau. Elle me brûle, mais ce
n’est pas grave, j’aime cette sensation aussi bizarre
que ça puisse paraître.
Le bruit de l’eau qui coule sonne comme une douce
mélodie à mes oreilles. Je suis tellement
concentrée sur cette musique que je n’entends pas la
porte de la salle de bain s’ouvrir. Je ne le constate
qu’une fois l’intrus ouvrant le rideau de douche et
prenant place à mes côtés dans le minuscule
espace.
- C’est
définitivement pas sérieux mon ange… Et tes
pansements ?
- J’ai pas envie
d’être sérieux et puis j’ai mon
infirmière personnelle moi aussi.
Je me rends compte que c’est la
première fois que je suis entièrement nue devant lui
et vice-versa. Jusqu’à lors nos sous-vêtements
étaient une derrière barrière face à
une totale connaissance de l’intimité de
l’autre. Je crois que ce soir on peut dire qu’on a
allégrement franchi ce dernier rempart. Il commence à
déposer multitudes de petits baisers sur mon épaule
droite dessinant les courbes de mes hanches avec ses doigts en
même temps. Même si l’eau bouillante continue de
tomber sur nous, je ne peux réprimer le frisson de
désir qui laisse apparaître sur ma peau une chair de
poule qui me parcoure des pieds à la tête.
Je me retourne et le regarde dans les yeux. Ces mêmes yeux
qui m’ont totalement séduite la première fois
que je les ai vus, ces mêmes yeux qui me voient belle. Je
passe ma main sur son visage blessé. J’apprécie
ce nouveau visage. Je crois qu’il pourrait changer
n’importe quoi chez lui, je le trouverais toujours aussi
beau. Je me dresse sur la pointe des pieds pour l’embrasser
doucement. J’ai terriblement besoin de douceur en cet
instant. Je passe mes mains derrière son dos où je
dessine des petits cercles du bout des doigts.
- Pas ici, me
susurre-t-il à l’oreille, les choses allant maintenant
plus loin.
Il tourne le robinet d’eau chaude tout en
continuant à m’embrasser. Nous sortons de la douche
toujours collés l’un à l’autre. Pas le
temps d’enfiler une serviette et puis de toute façon,
l’eau ça sèche ! Il me conduit jusque dans
le salon où je peux constater que le clic-clac est
maintenant déplié.
- T’avais tout
prévu.
- J’étais pas contre
la table pour ma part, mais je pense que ce sera plus confortable
ici.
J’exerce une pression avec mon pouce
à la périphérie du bleu qui se trouve sur son
abdomen. Il a eu de la chance, un peu plus et c’était
un petit coup de poing. Non, mais je vous jure !
Celui-là… Si je ne l’aimais pas autant, je le
trouverais désespérant…
- Espèce de
sadique, s’amuse-t-il.
- Je suis sûre que tu aimes
ça.
Il m’embrasse à
nouveau tout en m’allongeant délicatement sur le lit
d’appoint. Il quitte mes lèvres et laisse glisser les
siennes sur mon cou descendant le plus lentement possible
jusqu’à la naissance de mes seins. Il dévie sur
le gauche qu’il commence à suçoter. Je reste
encore passive quelques minutes dans ces préliminaires avant
de décréter que le moment d’y prendre part est
arrivé. Je me relève doucement sur mes avant-bras et
tente de capter ses lèvres avec les miennes. Je le fais se
coucher doucement et prend appui sur mon bras droit pour
être surélevée par rapport à lui
et être sur le côté et non au-dessus. Presque
d’égal à égal en somme.
Je commence à dessiner des petits cœurs du bout de mon
index sur son torse. C’est terriblement gnangnan, mais je
suis amoureuse, ça peut-être une excuse valable,
non ? Une fois ce petit jeu terminé, je reprends le
contrôle de sa bouche. Je viens de décider que ce soir
elle m’appartenait entièrement. Je crève
d’envie de mordiller sa lèvre inférieure,
c’est une chose que j’adore faire, mais je me retiens,
sa blessure ne saigne plus et je ne veux pas que le saignement
recommence à cause de mes lubies
inconsidérées.
Maxence me fait basculer sur le dos et caresse mes lèvres
avec sa langue. J’entrouvre la bouche et laisse sortir la
mienne pour continuer de jouer avec la sienne. Sa main descend
doucement de ma poitrine vers mon nombril donc il dessine le
contour plusieurs fois avant de descendre à nouveau pour
s’arrêter sur le point le plus sensible de mon
intimité qu’il commence à titiller ce qui a
pour effet de me laisser échapper quelques
gémissements de plaisir.
- Je reviens dans deux
secondes, me dit Maxence en m’abandonnant alors que je suis
sur le point d’exploser.
Il se dirige vers la commode d’où
il tire une boîte de préservatifs. Quelque part
ça me ravie qu’il y ait pensé. Tout est
tellement différent de cette première fois que je
préfère oublier. Il revient sur le lit et me
dépose un léger baiser sur le nez. La suite ? Je
pense que je n’ai pas besoin de faire de dessin pour que tout
le monde la connaisse. Il a été d’une douceur
incroyable, telle que je ne l’avais jamais connu et
maintenant je suis dans ses bras sur le point de
m’endormir.
- A quoi tu
penses ? Me demande-t-il, les lèvres apposées
sur mon épaule.
- Je pense que je t’aime
énormément.
Je sens un sourire se dessiner sur sa bouche.
C’est avec cette pensée que je m’endors. Cette
nuit encore je rêverai de mon bel ange.