- Le pire dans tout ça, dis-je à nouveau, c’est que je suis devenue totalement intolérante envers les personnes qui font ça. Enfin non, pas toutes, mais plutôt celles qui prennent ça comme un effet de mode… Car je sais que pour certaines personnes ce sont des appels au secours et qu’à cause de personnes qui font ça juste pour faire croire qu’elles sont des rebelles de la société, les personnes qui le font pour demander de l’aide sont cataloguées de la même façon.
- Peut-être que pour ces personnes aussi ce sont des appels au secours ?
- Je ne sais pas… Quand je vois ça affiché sur un blog comme une fierté, genre « ça y est, enfin, je l’ai fait, vous avez vu ? ». Non… On n’en a pas à être honteux, mais on n’a pas non plus à exhiber ça comme une nouvelle fringue.
Il ne sait pas quoi répondre et je ne lui demande pas de le faire. De toute façon c’est mon opinion et celle-là est bien ancrée en moi. Que dire de ces images qui s’affichent sur ces blogs ? Elles me font frémir, me mettent hors de moi et pourtant, les miennes ne m’ont jamais fait cet effet et si je découvrais la même chose sur une personne que j’aime, ça ne me ferait pas cet effet non plus… Non, j’essayerai de comprendre tout en sachant que je serais l’une des mieux placées pour ça puisque l’ayant vécue.
- Ca me fait mal de te savoir mal, finit-il par avouer.
- Il ne faut pas !
- Je t’aime et tiens à toi, comment veux-tu que je ne ressente pas ça ?
- Parce que tu es mon pansement géant. Tu es un peu collant, mais tu panses mes blessures.
- Un peu collant hein ?
Il s’approche de moi doucement et décolle ma tête de mes genoux. Ils m’embrassent délicatement, comme si j’étais un objet dans l’un des matériaux les plus fragiles et que s’il exécutait une pression un peu plus forte sur mes lèvres, je me briserais. Lorsqu’il se détache enfin de moi, il ne peut quitter le contact de mon visage pour autant et me caresse la joue avec son pouce.
- Je t’aime, murmuré-je. Plus que je ne pensais pouvoir aimer quelqu’un.
Il colle son torse contre le cocon que je me suis créée et l’entoure de ses bras. Sa chaleur me réconforte. La chaleur humaine est l’un des chauffages les plus performants je pense. Elle pourrait réchauffer les cœurs et esprits les plus refroidis.
- Je suis crevée, dis-je dans un bâillement.
- Alors, on devrait peut-être se coucher ?
- Je pense oui… Je suis désolée d’avoir tout gâché ce soir…
- Tu n’as rien gâché… Ce n’était simplement pas le bon soir. On aura d’autres occasions et c’était très, très sympa quand même, termine-t-il avec un sourire coquin sur les lèvres.
Je lui souris timidement à mon tour. Pendant que je me glisse sous la couette, il se relève, retire son pantalon pour se retrouver en caleçon avant de venir s’allonger à son tour à côté de moi.
- Je devrais peut-être retirer ta chemise, chuchoté-je.
- Tu peux la garder, j’ai d’autres vêtements à mettre demain.
- Merci mon ange.











