[6] (Histoire) posté le jeudi 25 octobre 2007 18:14

 
 
    Je viens d’ouvrir la bouche pour lui répondre que je n’y suis pour rien si je suis la déesse de ce jeu vidéo lorsque la sonnerie ce fait entendre.

-    Allez mon petit Jeannot, lui dis-je, je te donnerai les ficelles du métier plus tard.
-    Tant que ce ne sont pas les ficelles de ton string, hein…


    Je suis vraiment gentille quand je parle de blagues vaseuses, même Philippe Bouvard ou l’un de ses acolytes n’auraient pas osé la faire celle-là. Je lui tape donc derrière la tête.

Je le suis toujours dans les couloirs du lycée puisque je ne suis pas capable de me souvenir des salles dans lesquelles nous avons cours. Une fois arrivés devant la classe que je reconnais comme celle de mathématiques, je ne peux m’empêcher d’émettre petits gémissements plaintifs. Quelle idée ai-je encore eu de prendre mathématiques comme option alors que je suis dans une section littéraire. Je me le demande encore.

-    Alors Sam, on n’est moins douée pour les maths que pour les FPS, me taquine l’autre tâche.
-    Un mot de plus et je te dézingue sur la map la plus fréquentée ce soir.

    Ces quelques mots ont pour effet de le calmer. Faut pas abuser non plus, je ne vais pas me laisser marcher sur les pieds par quelqu’un. On entre le plus lentement possible dans la salle lorsque le professeur nous interpelle.

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[7] (Histoire) posté le jeudi 25 octobre 2007 18:15

 
 
-    Dépêchez-vous un peu !


    Oui chef, bien chef ! Ah les profs de maths, quelles plaies ceux-là. Ils doivent se passer le mot, dans la réunion de leur confrérie secrète, pour être exécrables avec leurs élèves.

Comme à ma grande habitude et même si l’on est à peine une dizaine dans ce cours, je me dirige dans le fond de la classe. Un mur, il me faut un mur pour me soutenir, mais arrivée à ma place favorite, j’ai le malheur de constater qu’elle est déjà prise.

-    Hum, hum, dis-je en me raclant la gorge.
-    Quoi ? Me répond une voix hargneuse.
-    C’est ma place mon grand.
-    Y a ton nom marqué dessus peut-être ?

    Depuis le temps que j’attends qu’on me pose la question, je vais enfin pouvoir montrer l’étendue de ma folie à quelqu’un.

-    Yep, tout à fait, là, là et encore là.

    Je lui montre alors successivement les « Sam Henry » écrits sur la table, la chaise, mais aussi le mur. Je peux lire une étincelle d’amusement dans ses yeux gris aciers avant qu’il ne reprenne leur aspect glacial.

-    Dans ce cas, Sam, je me vois obligé de vous restituer votre place.

    Il s’éloigne alors de mon trône avant de se retourner, faisant au passage pratiquement voler ses cheveux bruns mi-longs et de me jauger avec son regard des plus inquiétants.

-    Et au fait, je ne m’appelle pas « mon grand », mais Maxence.

    Maxence un prénom sympa pour le garçon de glace, qui, je le sens déjà, fait réchauffer mon cœur.

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Parlotte de fin de chapitre n°1 (Parlotte de fin de chapitre) posté le jeudi 25 octobre 2007 18:24


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    Voilà le premier chapitre publié. J'espère qu'il vous a plu. Pour moi, ça a été un vrai régal de l'écrire. Je peux me débarrasser des convenances et faire parler Sam comme je le veux sans avoir un style particulier à respecter (si vous ne me comprenez pas, ce n'est pas grave, l'essentiel étant encore que je me comprenne moi-même, après ce serait plus grave). 
 
Je ne sais pas quand je publierai le prochain chapitre, mais je vais essayer d'alterner entre mes deux histoires en cours pour pouvoir enrichir les deux sans faire des jalouses.
 
Bisouilles tout le monde et léchouilles aux autres  
 
 
Musique : Plain White T's - Hey There Delilah 
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[8] (Histoire) posté le vendredi 26 octobre 2007 18:35

 
 
    Adossée au mur, les yeux fermés, j’entends vaguement Torturator dire au nouveau de se présenter.  Je n’ouvre même pas les yeux même si j’entends qu’une chaise bouge. Je n’ai aucune envie de voir son regard se poser sur moi et puis de toute façon ça risquerait de contrecarrer mes plans pour une sieste sympa en mathématiques.

-    C’est simple, je m’appelle Maxence Lepetit, j’ai dix-huit ans et ne vous en saurez pas plus sur moi, dit-il d’une voix à la limite de l’agacement.

    Je ne peux m’empêcher de sourire à l’entente de son nom de famille. Pour un Lepetit, il est plutôt grand… Si je n’avais pas envie de dormir, je serais sûrement en train de m’auto-flageller pour avoir fait un jeu de mots, même mental, digne de celui qui se tient à côté de moi.

-    Il veut se la jouer mystérieux, constate-t-il.
-    Qu’il fasse ce qu’il veut tant que ça trouble pas ma sieste.

    Le problème quand on veut dormir, c’est qu’on a les paupières closes et quand on a les yeux fermés, on ne peut pas voir… Sauf qu’à ce moment-là j’aurais mieux fait de les entrouvrir.

-    Mademoiselle Henry, si vous voulez vous reposer ce sera à l’infirmerie et non dans mon cours !
-    Ils ont de bons matelas à l’infirmerie ?
-    Sortez de mon cours immédiatement ! Me crie-t-il dans les oreilles.

    J’obtempère, je sais pertinemment que Jean prendra le cours pour moi et que l’heure de colle qui s’ajoute à un renvoi sera comme d’habitude, un bon moment pendant lequel je parle avec les surveillants. Depuis le temps que je viens les voir les mercredis après-midi, nous sommes pratiquement devenus des amis eux et moi. 
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[9] (Histoire) posté le vendredi 26 octobre 2007 18:37

 
 
    Il s’en va vers son bureau pour remplir le papier que je dois donner au secrétariat. Je range mes affaires et me dirige au même endroit. Il prend son temps le bougre, c’est pas le tout, j’ai un lit qui m’attend pour un grand dodo et je ne veux pas que toutes les places soient prises avant mon arrivée.

-    Prenez Monsieur Lepetit avec vous.
-    Euh… Pour ? M’hasardé-je.
-    Cela ne vous regarde pas.
-    D’accord, d’accord, pas besoin de vous énerver.

    Il me tend enfin le mot et d’un signe de tête, j’enjoins le nouveau à me suivre. Maintenant, la question qui se pose est la suivante : vais-je avoir le droit à un sermon ou non ? Personnellement je pense qu’ils ont abandonné l’idée de faire de moi une petite écolière modèle, mais bon on ne sait jamais, la reine-mère qui s’est dopé aux amphétamines, la CPE qui a bien pris ses antidépresseurs et c’est reparti pour un tour.

-    Ca t’arrive souvent ?
-    Hein ? Dis-je élégamment.
-    De te faire virer de cours, ça t’arrive souvent.
-    Ah… Chez moi c’est un sport international, mais bon comme je suis la seule à vivre dans mon monde…

    Mais de quoi je me mêle monsieur le nouveau au regard glacial ? Je me fais encore virer de cours si je veux… Quoi que… En fait non, je ne le veux pas spécialement, mais je ne suis pas contre non plus surtout quand ce sont des profs du genre de Torturator qui m’évite une heure de pur ennui pour m’en donner une autre de pur amusement. Je fais toujours les quelques exercices qu’ils donnent pour ma retenue, mais ils sont vite expédiés.

-    Voilà le secrétariat. Tant que tu as à faire aux surveillants ou aux secrétaires, ça se passe super bien. Quand c’est la CPE dépressive ou la reine-mère qui sort de son palais, ça devient un peu plus hardos.
-    Merci pour le renseignement.

    Son ton neutre m’agace fortement, je lui fais le topo en une minute de ce que j’ai engrangé en un peu plus de deux ans et la seule chose qu’il trouve à me répondre c’est « merci pour le renseignement » avec la plus grande désinvolture que j’ai jamais vu. Il m’agace, il m’agace ! 
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