[115] (Histoire) posté le mardi 27 novembre 2007 12:22

 
 
-    Mon choupinet d’amour, je suis contente de te voir, dis-je en desserrant mon étreinte.
-    Je vais y avoir le droit combien de temps à ce surnom débile ?
-    Aussi longtemps qu’on sera ensemble.
-    Zut… Je vais y avoir le droit encore longtemps alors.

    J’aime quand il insinue qu’il n’est pas près de me quitter. Ca me rassure et je n’ai pas besoin de lui casser les pieds pour savoir s’il m’aime. Je lui attrape la main et l’entraîne jusqu’au salon.

-    Papy, je te présente mon petit ami, Maxence.
-    Enchanté jeune homme, dit-il en se retournant pour l’apercevoir. Alors, c’est vous qui rendez ma petite-fille tellement heureuse ?
-    Euh…
-    Oui, c’est lui, assuré-je le voyant gêné.
-    Ca à l’air d’être un bon gars, garde-le longtemps.
-    J’y compte bien.

    Mon grand-père se retourne pour regarder la télévision à nouveau. Maxence n’a pas eu le temps de décoincer autre chose que la cinquième lettre de l’alphabet que je l’entraîne déjà vers la cuisine. Je m’arrête avant de rentrer dans la pièce.

-    Je vais te présenter ma grand-mère, là ce n’est pas la même chose, elle va sûrement même te détester et lancer des réflexions assassines, lui chuchoté-je.
-    Ok.

    Nous entrons dans la cuisine, ma main est toujours dans la sienne. Au moins je n’aurais pas besoin de faire de dessins à ma grand-mère une fois les mots dits. C’est pas que je n’aime pas le dessin, c’est juste que je suis une vraie brêle avec un crayon entre les mains. A part l’escargot déshérité parce qu’il s’est marié avec une limace, je ne sais pas dessiner grand-chose alors, comment faire pour ce qui est de crayonner une relation amoureuse ?

-    Bonsoir Maxence, le salue ma mère en se retournant vers nous.
-    Bonsoir Karine.
-    Mamy, je te présente mon petit ami Maxence. Maxence, je te présente ma grand-mère.
-    Enchanté madame.
-    Et tu le laisses t’appeler par ton prénom ? Demande la vieille à ma mère.

    Je lève les yeux au ciel, même pas capable de le saluer ou de lui adresser un petit mot… J’aurais dû m’en douter, non je m’en doutais, mais quand même. 
lien permanent

[116] (Histoire) posté le mardi 27 novembre 2007 12:23

 
 
-    Je lui ai demandé de m’appeler Karine.
-    Il ressemble beaucoup à Marc, poursuit ma grand-mère.
-    Papa était blond aux yeux bleus, je ne vois pas en quoi il lui ressemble…
-    Oh, il ne lui ressemble pas physiquement, mais je suis sûre qu’il est du même genre que ton père…
-    Tu ne le connais même pas, tu ne peux pas le savoir.
-    Ils sont tous les mêmes, assure-t-elle.

    Non, il n’est pas du même genre et puis de toute façon, mon père était un très bon père jusqu’à ce qu’il décide qu’il n’avait pas à gâcher sa jeunesse avec une fille. Je me surprends moi-même à le défendre, mais il s’est quand même bien occupé de moi jusqu’à mes trois ans, je ne peux pas le nier.

-    On mange bientôt ? Demandé-je à ma mère.
-    On peut passer dans la salle à manger.
-    Ok. On peut emmener quelque chose ?
-    Oui ça, dit-elle en désignant les petites coupelles remplies de biscuits apéritifs.

    Nous prenons tous les deux autant de coupelles que nous le pouvons et nous dirigeons vers la salle à manger. Une fois arrivée et les petits bols déposés sur la table, je m’approche de Maxence et l’enlace.

-    Je suis désolée pour ma grand-mère.
-    Tu m’avais prévenu.
-    Ca s’est sûr, dis-je dans un demi-sourire. Mais bon, elle aurait pu au moins te saluer avant de pratiquement t’insulter.
-    Je me fiche de ce que peuvent dire les autres tant que tu m’aimes.
-    Alors, comme je t’aime tout va bien.

    Je l’embrasse du bout des lèvres avant de me détacher de lui. Je décide d’aller chercher mon grand-père qui est toujours devant la télé. Apparemment le journal de vingt heures vient de commencer et ils montrent les images des pays qui ont déjà passé la nouvelle année.

-    Papy, tu viens ? On va manger.
-    J’arrive tout de suite.

    J’éteins la télévision pour être sûre de ne pas avoir à revenir le chercher et retourne dans la salle à manger où ma grand-mère est arrivée et semble jaugée Maxence du regard. Le pauvre… Je l’ai laissé seul avec cette vieille mégère. Heureusement que j’ai de quoi me faire pardonner ce soir.

-    Où est ton grand-père ? Me lance-t-elle sèchement.
-    Il arrive. Tu sais très bien qu’il a toujours un peu de mal à se mettre en route.
lien permanent

[117] (Histoire) posté le mardi 27 novembre 2007 12:24

 
 
    Je crois que je viens de fermer le bec à madame « je veux contrôler tout et tout le monde ». Sam, un point, la vieille… Tu l’as dans le dentier ! Pendant que je fanfaronne intérieurement, elle s’installe au bout de la table. Merde… Maman, qu’est-ce qu’il t’a pris d’acheter cette table rectangulaire ? Toi tu vas te mettre à l’autre bout, papy va s’asseoir à côté d’elle et je vais être obligée de faire de même pour pas que Maxence se prenne des coups de canne sous la table…

-    Tu te mets-là, murmuré-je à l’oreille de Maxence en lui désignant sa place.
-    Des messes-basses, encore des messes-basses, toujours des messes-basses.
-    J’allais pas dire tout haut que ce soir le feu d’artifice serait dans ma chambre… Ah zut ! Je viens de le faire. Je ne sais vraiment pas tenir ma langue, hein mon chéri ?

    Maxence se met à rougir. C’est vrai que je n’aurais pas dû le prendre à témoin sur ce coup-là, mais c’était tellement tentant et puis il est si mignon quand il est gêné. Ma grand-mère quant à elle est passée à une couleur indéfinissable, une sorte de blanc verdâtre pas très joli à regarder, mais elle m’a cherché et elle m’a trouvé.

-    Tout va bien ici ? Demande ma mère en arrivant.
-    Oui, très bien, j’expliquais à mamy combien ce soir allait être festif.
-    Festif, festif, moi j’aurais plutôt dit simple, mais bon… C’est comme tu le sens ma puce.

    Tu n’as rien compris ma petite maman chérie et c’est tant mieux, mais d’après ce que je vois, ma grand-mère a saisi le sous-entendu et je crois que ses yeux ne vont pas tarder à être expulsés de leurs orbites. Quel charmant spectacle, c’est tout bonnement… Horrible à regarder. Trouvons une chose plus agréable à la vue… Ah tiens Maxence, tu es là, ça tombe vraiment bien.

Pendant que je m’emploie à décontenancer mon choupinet, qui se demande si c’est du lard ou du cochon, avec le regard mielleux que je pose sur lui, mon grand-père arrive dans la salle à manger et s’assoit comme prévu à côté de son épouse aux yeux exorbités. Maman vient enfin compléter le tableau. Il manque plus qu’un peintre pour immortaliser tout ça comme étant la nouvelle cène.

-    Tu dors bien ici ce soir, Maxence ? Demande ma mère au susnommé.
-    Oui. 
lien permanent

[118] (Histoire) posté le mardi 27 novembre 2007 12:25

 
 
    Pendant que Max répondait à ma mère, l’aïeule a avalé de travers un biscuit apéritif qu’elle venait d’enfourner dans sa grande bouche. Super avec ses grandes quintes de toux, on ne s’entend même plus penser ici. Allez recrache le ce biscuit comme tu sais très bien cracher ton venin sur les autres. Quoi que, ça serait pas mal de pouvoir lui coller deux ou trois grandes claques dans le dos.

-    Tu veux de l’eau ma chérie ?

    Je crois que j’ai envie de vomir.

-    Non, c’est bon c’est passé.

    Et le « merci » ? C’est pour les chiens peut-être ? Non, mais je vous jure, la politesse elle n’a pas dû apprendre. Par contre, nous quand on oublie le « merci » ou le « s’il te plaît » on se fait taper sur les doigts et on a tout de suite été très mal éduqué. Enfin, je dis « on », mais en fait je devrais plutôt dire « je » à la place…

Le reste du repas se déroule entre les sous-entendus de ma part et les regards choqués de celle de ma grand-mère. Maxence ne sait plus vraiment où se mettre, mais ne dit rien allant contre moi pour autant. Je tiens ma vengeance, peu importe ce qu’elle pensera de moi après, peu importe ce qu’elle pourra dire à ma mère, ce soir c’est un peu comme la fête des grands-mères avec un peu plus de deux mois d’avance.

-    Tiens, il ne reste plus que dix minutes avant minuit, constate mon grand-père alors que nous entamons la bûche glacée.
-    Ca tombe bien, car je commence à être fatiguée.
-    Alors, on ne tient plus la distance ma petite Sam ?
-    Et non… Moi aussi je vieillis, papy.

    Il étouffe un rire avant de se replonger dans son dessert que nous mangeons tous dans un calme étonnant. Il faut dire que je commence à stresser, mais que je ne veux rien laisser paraître devant eux et puis le stress et la fatigue ne sont pas des plus compatibles non plus.

Nous ne sommes plus qu’à quelques secondes de minuits et tout le monde s’est levé de table. C’est un peu trop pompeux à mon goût, mais c’est la tradition et je vais tenter de la respecter. Mon grand-père fait le décompte des dix dernières secondes avant que l’on se souhaite une bonne année à l’unisson. Je profite de ce moment pour me blottir dans les bras de Maxence.

-    Bonne année mon ange.
-    C’est plus choupinet ? Me taquine-t-il.
-    Pas ce soir, non. Ce soir tu es mon ange-gardien.
lien permanent

[119] (Histoire) posté le mardi 27 novembre 2007 12:27

 
 
    Il me sourit tendrement avant de m’embrasser. Ca lui va si bien ce « mon ange » que je n’ai pas pu le garder pour moi. Il a fallu que je le lui dise et ce soir était le bon moment. Je me dégage de cette étreinte pour aller faire la bise à ma mère, mon grand-père et ma grand-mère. Je crois que maintenant je peux aller me rincer les lèvres à l’eau de javel.

-    Bon ce n’est pas que je ne vous aime pas…

    Enfin si, y en a au moins une que je n’aime pas.

-    … mais je suis vraiment fatiguée et je n’ai qu’une envie : retrouver mon lit.
-    Bonne nuit ma petite vieille, me lance mon grand-père en plaisantant.
-    On verra quand t’auras mon âge.
-    Bonne nuit Samantha.
-    Bonne nuit ma puce, termine ma mère.

    Je fais signe à Maxence de faire la même chose que moi et de me rejoindre dans ma chambre. Je n’ai aucune envie de m’éterniser dans cette pièce plus longtemps. Je me dirige vers mon antre et une fois entrée dedans je m’assois sur le lit et attends mon prince charmant qui ne tarde pas à arriver.

-    Je suis vanné, annonce-t-il en refermant la porte derrière lui.
-    Ah bon ?
-    Yep, je ne rêve que d’une bonne nuit de sommeil. Ah ! Au fait, tant que j’y pense, tes grands-parents dorment là aussi ?
-    Oui, ils vont prendre le lit de ma mère et elle va dormir sur le canapé.
-    Pas cool.
-    C’est clair, mais bon on n’a pas d’autres chambres.

    Max vient s’asseoir à côté de moi et ne tarde pas à se laisser tomber en arrière sur mon lit. Alors qu’il est en train de se frotter les yeux après avoir baillé, je me relève un instant avant de mettre de nouveau sur le lit, mais à genoux cette fois-ci.

-    Qu’est-ce que tu fais ? Me demande-t-il.
-    Tu vas bien voir.

    Un sourire énigmatique se dessine sur mon visage alors que l’interrogation se lit sur le sien. J’avance petit à petit vers lui avant de me mettre à califourchon sur son bassin et de me baisser vers lui pour commencer à jouer avec sa bouche.

-    Tu joues un jeu dangereux là, articule-t-il difficilement pendant que je mordille sa lèvre inférieure.
-    Je le sais très bien et les risques sont tout à fait calculés.

    Alors que j’étais dans la position de dominante, je me retrouve en deux temps, trois mouvements dans celle de dominée, Maxence ayant pris le dessus sur moi sans que je puisse protester. Il me regarde intensément et je peux voir une flamme de désir brûler dans ses yeux qui sont d’ordinaires si glacials.

-    T’étais pas fatiguée toi, murmuré-je.
-    J’ai retrouvé de l’énergie.

    Il s’emploie alors à déboutonner mon chemisier, sa tâche entrecoupés par les quelques baisers que j’arrive à lui voler à chaque fois qu’il joue à reculer la tête pour me refuser ses lèvres et me frustrer encore plus. 
lien permanent