- Allez Cerise, va retrouver ton chéri.
- Tu savais déjà la réponse, maugréé-je.
- Bien sûr, mais c’était marrant de te voir penser que tu gagnais.
Et hop, la petite calotte derrière la tête. Non, mais je vous jure, quel manque de délicatesse de sa part, me faire espérer jusqu’au dernier moment… Quoi moi non plus je ne suis pas des plus délicates ? J’ai le droit d’abord, je suis une fille. Je suis hystérique, c’est dans mes gênes… Euh je vais arrêter de tenir le discours eugéniste et machiste qui plus est, ça ne me va pas du tout.
Je sors de la salle et sens rapidement quelqu’un s’appuyer contre mon dos. J’aurais bien envie de faire la petite blague : « je te gifle. Oh, mais chéri ! Je ne t’avais pas reconnu, je suis désolée ! » mais je ne pense pas que ce soit du meilleur effet. Quoi que, ça serait mérité en fin de compte.
- On va où ? Me susurre-t-il à l’oreille.
- C’est le genre de question qu’il ne faut pas me poser au risque d’avoir une réponse à laquelle on ne s’attend pas…
- Espèce de « geek » !
- Et fière de l’être !
Je continue à avancer avec mon poids mort sur le dos. On ne le dirait pas comme ça, mais c’est qu’il est lourd le bestiaux ! Je m’arrête devant les escaliers. Hors de question ! Je ne le porte pas pour descendre, je suis trop jeune pour mourir !
- Et pourquoi pas ici ? Proposé-je. Une fois les profs passés, il n’y a plus personne et on a cours dans la même salle.
- Si tu veux.
Il se détache enfin de moi. Punaise, je ne me suis pas sentie aussi légère depuis des années ! Je remue un peu les épaules pour les désengourdir. La prochaine fois j’esquive quitte à ce qu’il bascule en avant. Il sera moins lourd par terre !
Il s’adosse au mur et se laisse glisser jusqu’au sol. Une fois son installation de fortune terminée, je m’assois entre ses jambes. Vengeance ! Je compte bien me servir de lui comme d’un coussin géant.
- Dis, commence-t-il. Ce que tu m’as dit tout à l’heure, tu le pensais ?
- P’t’être ben qu’oui, p’t’être ben qu’non.
- Ca répond vachement à ma question.
- A ton avis, patate…
- Après ce que je t’ai fait hier…
- Que veux-tu… Mon côté masochiste doit être exacerbé aujourd’hui.
- Ton côté masochiste ? As-tu un côté sadique au moins ?











