[90] (Histoire) posté le lundi 12 novembre 2007 16:39

 
 
-    Allez Cerise, va retrouver ton chéri.
-    Tu savais déjà la réponse, maugréé-je.
-    Bien sûr, mais c’était marrant de te voir penser que tu gagnais.

    Et hop, la petite calotte derrière la tête. Non, mais je vous jure, quel manque de délicatesse de sa part, me faire espérer jusqu’au dernier moment… Quoi moi non plus je ne suis pas des plus délicates ? J’ai le droit d’abord, je suis une fille. Je suis hystérique, c’est dans mes gênes… Euh je vais arrêter de tenir le discours eugéniste et machiste qui plus est, ça ne me va pas du tout.

Je sors de la salle et sens rapidement quelqu’un s’appuyer contre mon dos. J’aurais bien envie de faire la petite blague : « je te gifle. Oh, mais chéri ! Je ne t’avais pas reconnu, je suis désolée ! » mais je ne pense pas que ce soit du meilleur effet. Quoi que, ça serait mérité en fin de compte.

-    On va où ? Me susurre-t-il à l’oreille.
-    C’est le genre de question qu’il ne faut pas me poser au risque d’avoir une réponse à laquelle on ne s’attend pas…
-    Espèce de « geek » !
-    Et fière de l’être !

    Je continue à avancer avec mon poids mort sur le dos. On ne le dirait pas comme ça, mais c’est qu’il est lourd le bestiaux ! Je m’arrête devant les escaliers. Hors de question ! Je ne le porte pas pour descendre, je suis trop jeune pour mourir !

-    Et pourquoi pas ici ? Proposé-je. Une fois les profs passés, il n’y a plus personne et on a cours dans la même salle.
-    Si tu veux.

    Il se détache enfin de moi. Punaise, je ne me suis pas sentie aussi légère depuis des années ! Je remue un peu les épaules pour les désengourdir. La prochaine fois j’esquive quitte à ce qu’il bascule en avant. Il sera moins lourd par terre !

Il s’adosse au mur et se laisse glisser jusqu’au sol. Une fois son installation de fortune terminée, je m’assois entre ses jambes. Vengeance ! Je compte bien me servir de lui comme d’un coussin géant.

-    Dis, commence-t-il. Ce que tu m’as dit tout à l’heure, tu le pensais ?
-    P’t’être ben qu’oui, p’t’être ben qu’non.
-    Ca répond vachement à ma question.
-    A ton avis, patate…
-    Après ce que je t’ai fait hier…
-    Que veux-tu… Mon côté masochiste doit être exacerbé aujourd’hui.
-    Ton côté masochiste ? As-tu un côté sadique au moins ?
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[91] (Histoire) posté le lundi 12 novembre 2007 16:41

 
 
    Pour toute réponse, je lui assène une grande claque sur la cuisse. Non, mais je vous jure, il comprend tout de travers décidément.

-    Je crois qu’il vient de s’exprimer, remarque-t-il.
-    Idiot.
-    Oui, mais un idiot que tu aimes, tu l’as dit.
-    Je vais manger du poisson plus souvent pour que mon cerveau se mette enfin à fonctionner correctement.

    Voilà, on dit quelque chose et ça nous est ressorti à toutes les sauces et avec toutes les conneries que je peux raconter, je vous dis pas le nombre de sauces existantes…

-    Sam ?
-    Quoi ?
-    Je suis désolé.
-    Tu me l’as déjà dit…
-    Je sais, mais je crois que ce n’est jamais assez suffisant. J’aurais dû réagir, j’aurais dû comprendre dès le début.
-    On mangera du poisson tous les deux…

    Il me dépose un baiser au creux du cou ce qui a pour effet de me faire frissonner. C’est de la torture, je proteste ! Il ne faut pas faire ça à une personne aussi chatouilleuse que moi, c’est moche, c’est vilain...

-    Il me faudra aussi du temps, continue-t-il.
-    Du temps pour quoi ?
-    Pour pouvoir répondre à toutes tes questions.

    Je comprends de mieux en mieux pourquoi il m'a laissé sans réponse même si c'était douloureux pour moi. Je le savais déjà quelque part, du moins je m'en doutais fortement, mais venu de sa bouche, ça me conforte d'autant plus dans mon idée.

-    Ah ! Ca… Au pire je demande à Jeannot, il ne sait pas tenir sa langue.
-    J’ai cru remarquer… Alors, comme ça on pleure même devant les dessins-animés ? Rit-il

    Je vais les tuer ! Je commence d’abord par Jean. Une mort lente, très, très lente. Je veux le voir souffrir et implorer ma pitié et ensuite Maxence, une mort un peu plus rapide, mais je veux le voir culpabiliser pour ce s’être moqué de mon extrême sensibilité.

-    C’est mesquin…
-    Je trouve ça mignon, moi.
-    Oui ben c’est toi qui te transformerait en fontaine pour n’importe quoi, tu trouverais ça drôlement pesant.
-    Regarde le bon côté de la chose, à chaque fois que tu te mets à pleurer, il y a quelqu’un pour te consoler. 
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[92] (Histoire) posté le lundi 12 novembre 2007 16:43

 
 
    Ah ! Tiens, c’est pas bête comme raisonnement. Je crois que je vais acheter un gel menthe-poivrée à appliquer en dessous des yeux histoire de pleurer et d’être consolée plus souvent. Une feuille qui tombe et hop, je me mets à pleurer : « mais elle était si bien sur son arbre, pourquoi le vent l’a faite tomber » et un gros câlin contre un torse bien musclé. Vraiment très intéressant.

Un ange passe… Nous restons silencieux quelques secondes. A vrai dire je suis tellement bien collée contre lui que je ne vois pas trop ce dont je pourrais parler, même si je dois l’avouer je trouve le silence passablement angoissant.

-    Je suis invité à manger chez Jean ce soir, soupire-t-il en brisant l’absence de mots.
-    Bon courage… Quoi qu’après une bouteille de vin, sa mère est vraiment plus facile à supporter.
-    Je crois qu’il doit t’inviter aussi.

    Quoi ? Non, ce n’est pas possible, il me l’aurait dit avant. Ben oui, il avait tout le temps pendant le cours entre deux lettres… Rah c’est pas vrai, pas encore une de ces soirées calvaires à voir sa mère s’enfiler son Chardonnay, son père lui dire qu’il est un vaurien et sa sœur se barrer dans sa chambre en hurlant que de toute façon elle va fuguer pour se jeter du haut d’un pont…

-    Super… Si tu savais la joie que ça me procure, ironisé-je.
-    Au moins Jean sera content.

    C’est vrai que je n’ai pas regardé de ce point de vue. Quand on est invité, on est là que pour un repas, mais lui c’est tous les soirs, sept jours sur sept. Je crois que je devrais le faire venir à la maison plus souvent. Après tout, ma mère est toujours ravie de l’avoir à table et on pourrait se faire de bonnes soirées devant la télé.

-    Des fois j’oublie que lui aussi à ses problèmes.
-    On ne peut pas dire que la famille est quelque chose qui compte énormément chez les de Gasco. Je crois que seul le fait de porter ce nom peut changer une personne. Jean est juste l’exception qui confirme la règle.

    Je note une pointe d’amertume dans ce qu’il vient de dire. Je fais tout de suite le rapport avec ce que Jean m’a raconté tout à l’heure, mais je ne fais aucune remarque, je ne suis pas censée le savoir et puis peut-être m’en parlera-t-il un jour où l’autre.

La sonnerie vient interrompre notre petite discussion. Je me lève en m’appuyant sur ses genoux et l’aidé à se relever une fois debout. Les escaliers se remplissent peu à peu et Jean vient rapidement nous rejoindre dans notre coin.

-    Sam, j’ai oublié de te demander tout à l’heure, mais est-ce que tu peux venir manger à la maison ce soir ?

    Je jette un regard entendu à Maxence.

-    Bien sûr que je peux.

    Jean semble ravi de cette réponse. Nous attendons que le troupeau rétrécisse pour à notre tour nous aventurer dans le couloir. Au moins j’aurais fait ma bonne action de la journée. 
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Parlotte de fin de chapitre n°17 (Parlotte de fin de chapitre) posté le lundi 12 novembre 2007 16:47


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    Un petit chapitre tout tranquille, mais qui nous en apprend un peu plus sur le petit Jeannot. Il a beau avoir de l'humour (quoi que particulier), lui aussi à ses blessures. Je crois généralement que ce sont les personnes qui essayent d'être les plus drôles qui ont quelque part les plus grandes blessures. Certes, ce n'est pas général, mais j'ai pu le remarquer chez certaines personnes.

J'espère que ce chapitre, qui quelque part permet de reprendre son souffle, vous aura plu ^^


Bisouilles tout le monde et cagouilles pour les autres


Musique : Les Fatals Picards - Partenaire particulier

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[93] (Histoire) posté le mercredi 14 novembre 2007 00:26

 

    Je suis rentrée à la maison directement après les cours. Ca ne servait à rien de sortir avec Jean ou Maxence alors que je les revois ce soir et que je dois trouver une tenue correcte pour ne pas choquer les parents de Jeannot. Ils ont frôlé l’infarctus la dernière fois que je suis venue chez eux… Bon j’avoue que j’étais habillée dans un style plutôt gothique, mais ce n’est pas pour autant que je suis l’antéchrist.

-    Maman, j’ai pas de vêtements soft, mais classe ?
-    Je ne sais pas, pourquoi ?
-    Je suis invitée à dîner chez Jean ce soir.
-    Ah, dit-elle simplement.

    Autant ma mère adore Jean, autant ses parents… Elle a vraiment plus de mal. Il faut dire que la seule fois où ils se sont rencontrés, monsieur et madame de Gasco se sont offusqués parce que ma mère m’avait élevée seule et qu’elle m’avait eu hors-mariage qui plus est.

-    Tu peux toujours mettre ton chemisier blanc avec ta jupe noire.
-    Avec mon jean en dessous et ma cravate ça devrait aller.
-    Oublie le jean.
-    Oublie la jupe, lui assuré-je.

    Non, mais ça va pas bien dans sa tête ? Premièrement, je n’ai jamais porté une jupe ou une robe sans mettre un pantalon en dessous et deuxièmement, on est en novembre et je ne veux pas me geler les miches pour que dalle.

-    Tu veux faire classe ?
-    J’aime pas les jupes…
-    Alors, pourquoi tu en as dans ton placard ? Me demande-t-elle, presque exaspérée.
-    Pour mettre avec des pantalons ?
-    Sam, soupire-t-elle.
-    D’accord…

    Je prends les quelques habits et vais dans la salle de bain. Une petite douche pour me détendre avant la torture ultime. En fait, je crois que ma mère ne m’a jamais pardonné de l’avoir emmené avec moi au barbecue que faisaient les parents de Jean, mais est-ce que j’y suis pour quelque chose s’ils sont cons ? 
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