[86] (Histoire) posté le dimanche 11 novembre 2007 01:28

 
 
    Je me retourne sur ces quelques mots. Aucune envie de discuter le bout de gras plus longtemps. Je suis en train de réfléchir au numéro de la salle où nous avons cours quand je sens une main se poser sur mon bras. Une sensation de déjà-vu m’envahit sauf que cette fois j’ai le temps de voir la chose arriver. En effet, il marque un temps de pause durant lequel il plonge ses yeux dans les miens. Je fonds ! Je n’arrive plus à lui en vouloir.

Son visage s’approche dangereusement du mien et je n’ai aucune envie de l’esquiver, au contraire, je fais la même chose de mon côté. L’impact est imminent. Cinq, quatre, trois, deux, un et nos lèvres entre en contact. Je passe mes bras autour de sa nuque. Cette douceur mentholée m’a manquée hier soir. De doux, notre baiser passe en quelques instants à passionné.

Nos langues se cherchent et s’entremêlent avant de se quitter et se chercher à nouveau. Je pense que tout le monde nous regarde, mais je n’en ai absolument rien à foutre puisque je l’aime. Voilà c’est dit, je l’aime et même s’il m’a blessée, je peux le comprendre, nous avons tous nos secrets et même si j’ai réussi à lui dire l’un des miens, il n’en est peut-être pas de même pour lui.

-    Ca m’a manqué hier soir, affirmé-je mes lèvres posées sur les siennes.
-    Je suis désolé, si tu savais comme je m’en veux.
-    Tu aurais dû venir me chercher, je t’ai attendu.
-    Quand je l’ai fait tu étais déjà partie.

    Je l’embrasse à nouveau. Je suis bien contre lui, je n’ai pas envie de le lâcher, mais la sonnerie vient nous contraindre à le faire. Je le regarde en lui souriant, je le disais susceptible, mais je crois que je l’ai aussi été sur ce coup-là. J’avais oublié que moi aussi je lui avais sans doute fait du mal en me montrant distante avec lui… Un partout, la balle au centre. Je n’aurais pas dû lui demander tout ça, ou plutôt ne pas le forcer à me répondre, peut-être l’aurait-il fait un jour où l’autre ?

Je dois prendre mon mal en patience. J’ai tellement besoin de ses réponses que je ne laisse plus le temps aux gens de les formuler. Après tout, je me sens déjà bien chanceuse d’avoir la possibilité de les avoir un jour. Combien de personnes se posent des questions pour lesquelles ils n’auront jamais de réponses ? Des tas… Est-ce ça relativiser ? 
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[87] (Histoire) posté le dimanche 11 novembre 2007 01:29

 
 
-    On m’a caché bien des choses… Va falloir tout me raconter maintenant, annonce Jean en venant dans notre direction.
-    On ne parle pas pendant les cours, voyons mon Jeannot.
-    On va se priver ma vieille.

    J’étouffe un petit rire. Je me sens une infinité de fois mieux qu’en me levant ce matin et maintenant je peux tenir la main de Maxence sans avoir peur que quelqu’un ne nous surprenne. Je ne gêne d’ailleurs pas pour la lui attraper pendant que nous nous dirigeons vers notre salle de cours sous le flot de questions que nous posent Jean.

-    Ca fait combien de temps ?
-    Un peu plus de trois semaines.
-    Ca s’est passé quand ?
-    L’après-midi où tu as dû rentrer chez toi à cause de ta sœur.
-    Vous avez déjà…
-    Jean !
-    Ben quoi ?

    Maxence lui colle une petite claque derrière la tête. Il se fait beaucoup frapper… Le pauvre. Euh… Depuis quand je ressens de la pitié pour Jean moi ? Il est une tête à claque va falloir qu’il l’assume jusqu’au bout.

-    Han ! S’exclame-t-il. Vous n’avez encore rien fait.
-    Depuis quand ça te regarde ?
-    Je veux être parrain moi !

    Et toc, deuxième claque, mais de ma part cette fois-ci. Dans le genre je raconte des conneries plus grosses que mon Q.I, c’est vraiment un as. Quoi que, avec son quotient intellectuel digne d’une moule croisée avec une huître, ce n’est pas très dur de dire des imbécillités de ce genre…

-    Ah, la, la, mon cousin et ma meilleure amie, se met-il à rêver.
-    Et après on se demande encore pourquoi on ne voulait rien lui dire…
-    Quel chieur celui-là…
-    Je crois qu’on va être obligé de lui couper la langue pour le faire taire.
-    Si seulement… Il serait encore capable de trouver un autre moyen pour communiquer.
-    Oh ça va le petit couple. Si vous voulez que je me taise, vous n’avez qu’à me le faire savoir.
-    Alors, ta gueule Jean, dit-on à l’unisson.
-    Comme c’est mignon, répond-il un tantinet vexé.

    Nous entrons dans la classe où nous attend déjà notre professeur, Jean s’installe à sa place habituelle. Je lui fais signe que je le rejoins dans quelques minutes, juste le temps de glisser quelques mots à l’oreille de Maxence.

-    Je ne vais pas le laisser tout seul où il va se mettre à bouder.
-    C’est qu’il en serait capable en plus.
-    On se rattrapera tout à l’heure.
-    Aucun problème.
-    Je t’aime.

    C’est sorti tout seul. Je n’ai pas réussi à le contrôler, mais devant l’air étonné que prend Maxence, je n’en suis pas mécontente. Au moins c’est dit sans qu’il ne s’y attende. Je lui adresse un petit sourire avant d’aller m’installer à côté de Jean. Je me sens vraiment légère d’un seul coup. Flotter sur un petit nuage c’est vraiment agréable.

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Parlotte de fin de chapitre n°16 (Parlotte de fin de chapitre) posté le dimanche 11 novembre 2007 01:34


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    Je devais publier la suite plus tard, mais je m'ennuie et je trouve pas le sommeil... Comme jv ne bug pas, j'en profite aussi.

Ah bah vala, je sais faire un chapitre joyeux. Je commençais sérieusement à en douter vu tout ce que j'avais écrit dernièrement, mais après je ne sais pas si ça va durer longtemps. Quand je dis que je ne sais pas, c'est que je ne sais vraiment pas, il va falloir que je réfléchisse à la suite maintenant. Enfin, surtout comment introduire les idées que j'ai dans un texte.

J'espère que ce revirement vous aura plu. Ca ne pouvait pas durer non plus, ils sont tellement mignons ensemble... Rah, zut, je deviens sentimentale, c'est grave docteur ?


Bisouilles tout le monde et rouille pour les autres


Musique : Dashboard Confessional - Hands Down
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[88] (Histoire) posté le lundi 12 novembre 2007 16:36

 
 

    Le cours que nous suivons se révèle long et inintéressant. Comme nous avons déjà joué au morpion dernièrement avec des résultats pas vraiment concluants, Jean et moi optons pour un pendu. Quoi ? On s’amuse comme on peut.

Entre deux de ses questions sur Maxence et moi, j’arrive à trouver le mot « gourgandine ». Sympa, dois-je le prendre pour moi mon Jeannot ? Enfin, quand on sait que je dis ce mot à tort et à travers, je crois que Jean a dû l’imprimer dans son petit cerveau comme étant mon préféré et l’a ressorti maintenant. Choix peu judicieux je dois l’avouer, car c’est toujours l’un des premiers mot auquel je pense.

-    Et donc quand tu refusais de faire une virée avec moi c’était pour aller voir Max ?
-    Non, c’est parce que tu me gaves et que je ne voulais pas te voir, dis-je en traçant six traits sur la feuille.
-    Sympa…
-    A question bête, réponse bête…
-    Je vois pas en quoi c’est une question bête. Il y a un « e » ?
-    Je suis pas toujours avec Max ou toi, il se peut aussi que je n’ai pas envie de sortir, assuré-je plus sérieusement. Il y a en à même deux.

    J’écris les deux « e » sur les tirets où ils doivent se trouver. C’est vrai qu’en vieillissant je deviens plus casanière. Bon, certes, je n’en suis pas encore à regarder Les feux de l’amour avant ma sieste tout en caressant mon chat préféré parmi les quinze que j’ai déjà recueillis, mais quand même… J’aime bien rester au chaud à la maison surtout quand l’air se rafraîchit autant. Je prévois de la neige avant la fin du mois de décembre.

-    Dis Jean, tu sais pourquoi Max vit seul dans ce studio ? Demandé-je à mon tour.
-    Il t’a déjà emmené chez lui ? Enfin bref, mon oncle ne le porte pas vraiment dans son cœur et quand sa mère est tombée enceinte, il a commencé à lui faire comprendre qu’il n’était pas le bienvenu dans cette nouvelle famille.
-    Je vois… Superparent a encore préféré aller dans un bar, siffler quelques verres de whisky et draguer une poule de luxe, plutôt que de perdre son temps à sauver le futur orphelin.
-    Les affres de la non-célébrité, remarque Jean. Un « a » ?
-    Nope. 
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[89] (Histoire) posté le lundi 12 novembre 2007 16:38

 
 
    En quelques minutes avec Jean je viens d’en apprendre dix fois plus qu’en trois semaines avec Max. Je crois que je vais le garder en informateur, monsieur ne sait pas tenir sa langue… S’il ne sait pas tenir sa langue ça veut dire qu’il peut en raconter autant à mon sujet si Maxence lui demande ?

Heureusement que j’ai toujours un nécessaire de couture sur moi si je dois dégonfler le melon de Max. Je vais pouvoir m’en servir pour coudre la bouche de Jean ou alors je me sers des mini-ciseaux pour lui couper la langue. C’est machiavélique, barbare, une grande idée en somme. Oups, je crois que mon côté psychopathe reprend le dessus.

-    De toute façon, poursuit-il. Je crois qu’il est plus heureux dans son appart’ qu’avec sa mère et mon oncle.
-    C’est possible…
-    Pourquoi tu me demandes ça au fait ?
-    Par curiosité, je lui réponds évasivement. Une autre lettre ?
-    Un « i » ?

    Je soupire. Pourquoi ai-je choisi un mot qui contient les voyelles auxquelles on pense le plus ? Je marque la lettre sur le tiret où elle doit se trouver et le voit réfléchir. S’il pouvait faire d’autres mauvaises propositions histoire que je gagne ce tour ça m’arrangerait beaucoup.

-    Un « o » ?
-    Loupé ! Jubilé-je.
-    Il reste quoi comme voyelles que je n’ai pas faites ?
-    Et après c’est moi qui aie une mémoire de poisson rouge, hein ?
-    J’ai les neurones grillés, c’est différent. Euh… un « u » ?
-    Non plus.
-    Je ne pense pas qu’il y est un « y ». On va donc passer dans les consonnes… Un « l » ?

    Toujours pas ! Encore deux mauvaises propositions et j’ai gagné ! Allez Jeannot, un petit effort ! Encore deux mauvaises petites lettres et tu en entends parler pendant toute la semaine. Je commence déjà à trépigner sur ma chaise quand la sonnerie se fait entendre. Non ! La vie est trop injuste, il va avoir le temps de réfléchir pendant la pause ou de demander la réponse à quelqu’un d’autre… Bon ! Voyons le bon côté des choses. Je vais pouvoir être avec Maxence pendant une quinzaine de minutes. 
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