Je me retourne sur ces quelques mots. Aucune envie de discuter le bout de gras plus longtemps. Je suis en train de réfléchir au numéro de la salle où nous avons cours quand je sens une main se poser sur mon bras. Une sensation de déjà-vu m’envahit sauf que cette fois j’ai le temps de voir la chose arriver. En effet, il marque un temps de pause durant lequel il plonge ses yeux dans les miens. Je fonds ! Je n’arrive plus à lui en vouloir.
Son visage s’approche dangereusement du mien et je n’ai aucune envie de l’esquiver, au contraire, je fais la même chose de mon côté. L’impact est imminent. Cinq, quatre, trois, deux, un et nos lèvres entre en contact. Je passe mes bras autour de sa nuque. Cette douceur mentholée m’a manquée hier soir. De doux, notre baiser passe en quelques instants à passionné.
Nos langues se cherchent et s’entremêlent avant de se quitter et se chercher à nouveau. Je pense que tout le monde nous regarde, mais je n’en ai absolument rien à foutre puisque je l’aime. Voilà c’est dit, je l’aime et même s’il m’a blessée, je peux le comprendre, nous avons tous nos secrets et même si j’ai réussi à lui dire l’un des miens, il n’en est peut-être pas de même pour lui.
- Ca m’a manqué hier soir, affirmé-je mes lèvres posées sur les siennes.
- Je suis désolé, si tu savais comme je m’en veux.
- Tu aurais dû venir me chercher, je t’ai attendu.
- Quand je l’ai fait tu étais déjà partie.
Je l’embrasse à nouveau. Je suis bien contre lui, je n’ai pas envie de le lâcher, mais la sonnerie vient nous contraindre à le faire. Je le regarde en lui souriant, je le disais susceptible, mais je crois que je l’ai aussi été sur ce coup-là. J’avais oublié que moi aussi je lui avais sans doute fait du mal en me montrant distante avec lui… Un partout, la balle au centre. Je n’aurais pas dû lui demander tout ça, ou plutôt ne pas le forcer à me répondre, peut-être l’aurait-il fait un jour où l’autre ?
Je dois prendre mon mal en patience. J’ai tellement besoin de ses réponses que je ne laisse plus le temps aux gens de les formuler. Après tout, je me sens déjà bien chanceuse d’avoir la possibilité de les avoir un jour. Combien de personnes se posent des questions pour lesquelles ils n’auront jamais de réponses ? Des tas… Est-ce ça relativiser ?











