[82] (Histoire) posté le samedi 10 novembre 2007 19:34

 
 
    Je reste adossée à cette porte, au fond de moi je dois espérer qu’il court après moi, qu’il me dise de rester, qu’il est désolé, mais rien ne se passe. La porte reste désespérément close et le rire nerveux passe aux larmes. Trois semaines et des poussières, c’était vraiment court. Finalement il se trompait lorsqu’il sous-entendait qu’on resterait longtemps ensemble…

-    Au revoir Maxence, murmuré-je à travers la porte.

    Je plaque ma main sur sa porte avant de monter dans l’ascenseur. Je ne sais pas ce que ça donnera quand on se reverra, mais rien ne sera probablement comme avant. Me bouffer la vie… Quel doux euphémisme… Tout, il détruit tout ce que j’entreprends de construire, même en étant absent, même deux ans après.

Je me retrouve dans le hall de l’immeuble totalement perdue, je ne sais pas où est l’arrêt de bus le plus proche et je suis terrifiée à l’idée de marcher seule dans la nuit. Toutes les peurs que je m’efforçais de gommer reviennent au grand galop. Tant pis, je prends le risque. Je sors dans la rue et constate que je n’ai qu’une cinquantaine de mètres à parcourir avant le prochain arrêt.

Une fois arrivée, je constate que la ligne est la même que celle qui passe près de chez moi, un point positif. Le second est qu’il doit arriver dans moins de cinq minutes, je n’aurais pas à me les geler trop longtemps dans le noir. Je relève la tête et regarde en direction de l’immeuble que je viens de quitter. Je compte un, deux et trois étages. Toutes les lumières sont éteintes, mais en même temps je n’ai pas eu le temps de voir si son appartement donnait sur la rue. Je me mets à tergiverser quand le bus arrive enfin.

-    Bonsoir, dis-je en entrant.
-    Vous avez un ticket ?
-    Oui, tenez.

    J’avance dans le bus qui est pratiquement vide. Une petite vieille est en train de poursuivre son tricot, un ivrogne est en train de cuver son vin et un couple est en train de se bécoter. Trouvez-vous une chambre d’hôtel bon sang !

Je vais m’asseoir au fond du bus. J’en ai pour une bonne demi-heure avant de rentrer, autant avoir une vue globale sur tout le monde… Observer les gens, c’est ce que je fais tout le temps, mais Maxence était mon exception qui confirmait la règle dans ce domaine-là. Je n’ai pas eu le temps de vraiment l’observer et c’est peut-être ce qu’il me manquait… Et le pire dans tout ça, c’est que je comprends enfin que j’étais prête à lui dire ces trois malheureux petits mots, qu’un « je t’aime » aurait pu sortir de ma bouche si tout s’était déroulé comme prévu…
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Parlotte de fin de chapitre n°15 (Parlotte de fin de chapitre) posté le samedi 10 novembre 2007 19:49


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FIN




    Non, je déconne. Oui, je sais, c'est pas drôle, mais en écrivant ce chapitre, je me suis rendue compte que j'aurais pu coller la fin là finalement... Dommage, vous allez encore devoir nous supporter (mes personnages et moi) encore un petit moment.

Je sais, encore un chapitre tout malheureux, mais bon... Faut bien des malheurs dans la vie, non ? Et puis je ne vais pas la laisser toute triste trop longtemps ma petite Sam, je l'aime trop pour ça (et vi, Lino s'attache à ses personnages).


Bisouilles tout le monde et fenouil pour les autres
(merci Absynthe ^^)


Musique : Tryo - Serre-moi

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[83] (Histoire) posté le dimanche 11 novembre 2007 01:25

 

    Le soleil vient de se lever, mais je n’ai pas vraiment envie d’aller rejoindre l’ami Ricoré. J’ai juste envie de rester sous ma couette et de dormir. C’est si bon de dormir quand aucun cauchemar ne vient vous troubler. Vous ne pensez à rien ou du moins vous ne savez pas que vous y pensez. Vous êtes juste dans un état d’inconscience volontaire.

Il n’était que vingt et une heures quand le bus m’a déposé à l’arrêt situé près de la maison. J’ai été obligée de rentrer par effraction dans ma propre chambre pour que ma mère ne se rende pas compte de mon retour durant ce laps de temps. Après, je suis sortie et rentrée à nouveau vers minuit. Juste quelques minutes histoire de lui faire croire que j’avais passé une bonne soirée.

-    Sam, debout !
-    Pas envie…
-    Les cours reprennent je te rappelle.

    T’avais qu’à pas me laisser sortir aussi tard… Bon d’accord, mauvaise excuse, je sors toujours aussi tard même en dehors des vacances. Ma mère a abandonné l’idée de me faire rentrée à heure fixe depuis le jour de mes dix-huit ans… Quoi que, c’était peut-être mes dix-sept, enfin bref, elle a abandonné l’idée quoi.

-    Sam ! Je vais me fâcher !

    J’ai plus sept ans, ça ne me fait plus peur… Mais je ferai bien de me lever quand même, on sait jamais…

-    Et bah tu vois quand tu veux, dit-elle en me voyant sortir de la chambre.

    Pour seule réponse j’émets un grognement sonore. Je me dirige au radar jusqu’à la cuisine et me sert une tasse de café. Au diable les céréales, ce matin j’ai besoin de quelque chose qui me permettra de me réveiller. Je n’ai pas vraiment faim, mais comme ma mère me surveille, je suis contrainte d’au moins prendre un fruit… Allez viens pas petite pomme que je te croque.

Après l’avoir jetée cette belle petite Granny Smith à la poubelle alors que je n’en avais mangé que la moitié, je décide de passer à la manière forte. Une douche froide, ça, ça me réveillera ! Chose dite, chose faite, je ressors de la douche gelée, mais plus réveillée que jamais. J’ai l’immense flemme de me maquiller, je me brosse juste les cheveux et les coiffe en queue de cheval. Un pull, un jean et je suis parée pour aller affronter l’autre tâche. Maintenant à savoir si je joue la carte de l’indifférence ou du mépris. 
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[84] (Histoire) posté le dimanche 11 novembre 2007 01:26

 
 
-    J’y vais maman, à ce soir.

    Petite veinarde qu’elle est et qui ne travaille pas le lundi matin… Je l’envie parfois, moi aussi je voudrais pouvoir rester au lit. Bon certes, elle était réveillée, mais moi je n’aurais pas une feignasse de gamine à lever tous les matins.

Je sors donc de la maison et traverse la rue quand un klaxon se fait entendre. Quoi ? Je suis sur le passage protégé ! C’est à toi de t’arrêter connard de conducteur. Oups… Je crois que je deviens vulgaire, mais bon, j’ai pas envie de mourir sous les roues d’une voiture sans permis non plus.

-    Tu crois que ta tentative de suicide va fonctionner ? Me demande Jean qui est apparu de l’autre côté de la rue.
-    Je tente le tout pour le tout, dis-je en ralentissant pour faire enrager le conducteur de la voiturette.
-    Je pense que je pleurerais à ton enterrement, mais je n’en suis pas sûr.
-    C’est bien charitable de ta part mon grand.

    Une fois la chaussée traversée, je me retrouve devant lui et en profite pour lui asséner une grosse claque dans le dos. Même pas il serait triste si je mourais, quel mufle ! Mais bon… Moins que son cousin tout de même…

-    Alors t’as fait quoi hier ?
-    Dodo, joujou et dodo.

    Et j’ai pleuré, pleuré et encore pleuré. Toujours grâce à la même personne, même si à chaque fois un autre élément venait s’ajouter histoire de bien remuer le couteau dans la plaie que je suis déjà.

-    Prête pour ré-affronter le monde impitoyable du lycée ?
-    Nope… Par contre, je suis prête pour aller me recoucher, mais je crois que si je rentre ma mère me fera la peau.
-    Allez courage, on a que quatre heures aujourd’hui.
-    C’est déjà quatre heures de trop.

    Plus nous avançons plus je sens une boule se former dans mon estomac, mais j’essaye de ne rien laisser transparaître. Une grande majorité de personne n’est au courant de rien et ne pourrait comprendre mon trouble. Quant aux autres, je saurais leur expliquer… Elles sont adultes, je dois avouer que ça aide bien.

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[85] (Histoire) posté le dimanche 11 novembre 2007 01:27

 
 
    Nous entrons dans le lycée, je ne l’ai pas encore vu, je ne sais pas vraiment si je suis déçue ou soulagée. A vrai dire c’est un vrai mélange de sentiments diverses et variés que je ressens en ce moment. J’ai envie de le revoir, mais en même temps je lui en veux. J’ai envie de l’embrasser, mais en même temps je veux le gifler pour la façon dont il m’a traitée.

-    Salut Jean.

    J’ai pensé à regarder dans toutes les directions sauf derrière nous… J’aurais dû me douter qu’il arriverait par là, mais je ne sais pas pourquoi, je n’ai pas pensé à y faire gaffe. Je me raidis sur place, mais au moins j’ai eu une illumination, autant que je calque mon attitude sur la sienne, comme ça pas besoin de me creuser les méninges, ils sont déjà bien attaqués.

-    Hey Maxence ! S’exclame le Jeannot. Traditionnelle question : prêt à affronter les cours de nouveau ?
-    Je pense que ça devrait aller, répond-il en me fixant instamment.

    Je lui renvoie le même regard, enfin pratiquement le même. Je ne peux pas m’empêcher de lui montrer que je lui en veux.

-    J’ai loupé quelque chose ?

    C’est maintenant que tu te réveilles Jean ?

-    Rien de très important, lui dis-je en guise de réponse.
-    Tu es sûre ? Insiste Maxence.
-    Tu veux insinuer quoi par là ?
-    Que ça ne semblait pas aussi insignifiant pour toi que tu le laisses entendre.

    Je jette un bref regard à mon meilleur ami qui semble totalement perdu. Je crois qu’il essaye d’analyser toutes les données, mais que son cerveau n’a pas encore l’ADSL.

-    L’erreur est humaine, non ?
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