Je reste adossée à cette porte, au fond de moi je dois espérer qu’il court après moi, qu’il me dise de rester, qu’il est désolé, mais rien ne se passe. La porte reste désespérément close et le rire nerveux passe aux larmes. Trois semaines et des poussières, c’était vraiment court. Finalement il se trompait lorsqu’il sous-entendait qu’on resterait longtemps ensemble…
- Au revoir Maxence, murmuré-je à travers la porte.
Je plaque ma main sur sa porte avant de monter dans l’ascenseur. Je ne sais pas ce que ça donnera quand on se reverra, mais rien ne sera probablement comme avant. Me bouffer la vie… Quel doux euphémisme… Tout, il détruit tout ce que j’entreprends de construire, même en étant absent, même deux ans après.
Je me retrouve dans le hall de l’immeuble totalement perdue, je ne sais pas où est l’arrêt de bus le plus proche et je suis terrifiée à l’idée de marcher seule dans la nuit. Toutes les peurs que je m’efforçais de gommer reviennent au grand galop. Tant pis, je prends le risque. Je sors dans la rue et constate que je n’ai qu’une cinquantaine de mètres à parcourir avant le prochain arrêt.
Une fois arrivée, je constate que la ligne est la même que celle qui passe près de chez moi, un point positif. Le second est qu’il doit arriver dans moins de cinq minutes, je n’aurais pas à me les geler trop longtemps dans le noir. Je relève la tête et regarde en direction de l’immeuble que je viens de quitter. Je compte un, deux et trois étages. Toutes les lumières sont éteintes, mais en même temps je n’ai pas eu le temps de voir si son appartement donnait sur la rue. Je me mets à tergiverser quand le bus arrive enfin.
- Bonsoir, dis-je en entrant.
- Vous avez un ticket ?
- Oui, tenez.
J’avance dans le bus qui est pratiquement vide. Une petite vieille est en train de poursuivre son tricot, un ivrogne est en train de cuver son vin et un couple est en train de se bécoter. Trouvez-vous une chambre d’hôtel bon sang !
Je vais m’asseoir au fond du bus. J’en ai pour une bonne demi-heure avant de rentrer, autant avoir une vue globale sur tout le monde… Observer les gens, c’est ce que je fais tout le temps, mais Maxence était mon exception qui confirmait la règle dans ce domaine-là. Je n’ai pas eu le temps de vraiment l’observer et c’est peut-être ce qu’il me manquait… Et le pire dans tout ça, c’est que je comprends enfin que j’étais prête à lui dire ces trois malheureux petits mots, qu’un « je t’aime » aurait pu sortir de ma bouche si tout s’était déroulé comme prévu…










