[78] (Histoire) posté le vendredi 09 novembre 2007 21:05

 
 
-    Vous vous connaissez tous les deux ?
-    Même très bien, répond-il en me faisant un clin d’œil.

    J’ai vraiment envie de vomir. Je resserre la main de Max encore plus fort, je ne pensais pas que c’était possible, mais comme il semble totalement aveugle, il faut bien que je lui fasse passer mon malaise par un autre moyen.

-    Alors, tu as perdu ta langue ?
-    Va te faire foutre Renan !

    C’est la seule chose qui a réussi à passer ma bouche. Je ne sais pas si je vais en payer les conséquences, mais j’ai tellement de haine pour lui que je ne peux même pas faire semblant que tout va bien.

-    Je t’ai connu bien plus gentille… Bon c’est pas le tout, mais je dois y aller. Max, prend le temps de revenir nous voir, tu nous manques à tous et plus particulièrement à une jeune demoiselle… Enfin, même si tu es déjà en main, ceci n’empêche pas cela et Sam n’est pas très jalouse.

    Sur ces mots il rentre dans sa voiture. Je le regarde partir, une fois assurée qu’il ne reviendra pas, je n’arrive plus à me contrôler. Des tremblements incontrôlés me parcourent tout le corps. Je suis tellement tendue que je n’arrive même à laisser les larmes s’échapper de mes yeux.

-    C’est lui ! C’est lui ! Décoincé-je enfin.
-    Je suis désolé Sam, je ne savais pas. Laisse tomber pour le resto, on va chez moi.

    J’accepte d’un hochement de tête. Maxence me porte presque. Je n’ai plus la force de rester debout et je ne peux pas rentrer chez moi. Décidément, il aura réussi à me bouffer totalement la vie…
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Parlotte de fin de chapitre n°14 (Parlotte de fin de chapitre) posté le vendredi 09 novembre 2007 21:12


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    Non ne me tapez pas, ne sortez pas les kalachnikov non plus... Je sais, elle était heureuse et en deux temps, trois mouvement, je viens de tout détruite. Je suis une mauvaise personne totalement sadique, mais vous pouvez essayer de me pardonner, non ? *spaf*

La vie n'est pas toute blanche ou toute grise, il y a aussi du noir (ou comment réarranger les choses à sa sauce). J'espère que ce chapitre vous aura néanmoins plu ^^

En tout cas on pourra dire que j'ai gentiment galéré pour la publier, merci jv (ou comment refaire le premier article une dizaine de fois)  -_-"

Bisouilles tout le monde et fripouilles pour les autres


Musique : Green Day - Working Class Hero

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[79] (Histoire) posté le samedi 10 novembre 2007 19:20

 
 
    J’ai réussi à me calmer un petit peu pendant le trajet, Maxence n’est plus obligé de me soutenir, j’arrive à marcher seul. Max ne me pose pas de question et ça tombe bien, desserrer les dents est plus que problématique pour moi. Nous nous arrêtons devant un immeuble de la « banlieue » de la ville. On ne peut pas vraiment appeler ça une banlieue, mais aucun autre mot ne me vient en tête à ce moment-là.

Il me laisse devant la porte de l’immeuble et s’éloigne de quelques pas pour taper quelques chiffres sur le digicode avant de passer son bras autour de mon épaule à nouveau. Nous montons dans l’ascenseur, même si d’habitude je préfère les escaliers, là je n’ai pas la force de protester. Un, puis deux, puis trois étages et les portes s’ouvrent enfin. Nous avançons un peu avant de nous retrouver devant une porte. Maxence me lâche à nouveau pour chercher ses clefs et ouvre la porte.

-    Bienvenue dans mon humble demeure, lâche-t-il.

    J’entre dans l’appartement et suis étonnée par sa petitesse. Jamais je n’aurais pu imaginer qu’un garçon appartenant à la même famille que Jean, même si c’est par alliance, puisse vivre dans un « simple » studio. Une cloison sépare la cuisine/salle à manger du salon/chambre. C’est exigu, en désordre, mais pourtant je m’y sens bien, aucun signe de claustrophobie ne vient faire son apparition. Dans l’état où je suis déjà, c’est un soulagement.

-    C’est pas le grand luxe, mais c’est suffisant.
-    J’aime bien, me contenté-je de dire.
-    Va dans le salon, j’arrive.

    J’obtempère, de toute façon je me sens à bout de force et je n’ai pas le courage de rester debout. Je m’assois dans le canapé, probablement un clic-clac qui lui sert de lit le soir venu. C’est vrai qu’un gain de place de la sorte n’est pas négligeable ici.

Je l’entends s’affairer dans sa cuisine. Je ne sais pas ce qu’il fait et je dois avouer que quelque part ça me dérange. J’aimerais pouvoir lui poser toutes les questions qui trottent dans mon esprit en cet instant, mais je ne sais pas si j’aurais la capacité vocale pour me faire entendre de là où je suis, surtout avec le bruit qu’il fait.

-    J’en ai encore pour deux secondes, m’affirme-t-il.

    Je le vois arrivé avec deux tasses dans les mains. Il m’en tend une et je hume la fumée qui en sort. Un chocolat chaud… J’ai l’impression de retourner en enfance. Quand ma mère me faisait un chocolat chaud et y glissait un mini-marshmallow dedans pour faire passer ma contrariété. Je m’installais dans le canapé et regardait un dessin-animé et je me sentais tout de suite mieux. C’est à peu près la même chose aujourd’hui, sans la guimauve et sans le dessin-animé.

-    J’espère que ça te va.
-    C’est très bien, merci. 
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[80] (Histoire) posté le samedi 10 novembre 2007 19:26

 
 
    J’avale une ou deux gorgées. Le lait est bouillant, mais ça ne me dérange pas, au contraire, ça me fait du bien, je me sens réchauffée de l’intérieur et mes tremblements commencent à s’estomper. Pourtant, j’ai toujours cette peur au fond de moi, sûrement celle de découvrir comment ils se sont connus, mais ce n’est pas la seule… Je suis aussi effrayée à l’idée que Renan ait parlé de moi à Maxence comme de la petite pucelle qu’il a sautée dans sa voiture. Mais est-ce plus de l’effroi ou de la honte ?

-    Je ne savais pas que c’était lui, dit-il subitement.
-    Je comprends… Vous vous connaissez depuis longtemps ?
-    Ouais…

    Il plonge dans sa tasse, je crois que je n’aurais pas d’autres réponses à ma question que celle-là et je dois avouer que ça me déçoit pas mal…

-    C’est probablement dans ses habitudes de faire aux autres ce qu’il m’a fait…
-    Peut-être, je sais pas.

    Bon sang, il vient de passer du petit ami attentionné à l’huître qui se referme en à peine quelques secondes. Je ne demande pas grand-chose, je veux juste savoir si je suis la seule qu’il a bernée où si je fais partie d’un réseau plus important…

-    « Ouais », « peut-être », « j’sais pas »… T’as que ces mots-là à la bouche ? T’as pas des phrases plus évoluées et plus conséquentes ?
-    Non…

    Mais c’est pas vrai ! Je n’aurais jamais dû accepter de venir ici, j’aurais dû lui demander de me raccompagner à la maison, j’aurais eu le droit au même traitement avec un peu plus de compassion de la part de ma mère. Je n’aurais pas eu à lui parler de cette rencontre, non, le simple fait que mon petit ami est un mufle aurait suffi !

-    Ca me tue… Je crois qu’une tombe est plus bavarde que toi.
-    C’est cool.

    Ne pas le taper, ne pas le taper. Quoi que… Pourquoi ne devrais-je pas le taper ? Après tout un imbécile dans son genre peut être un très bon punching-ball… J’ai besoin de me défouler, pourquoi aller chercher plus loin pour le faire ?

-    Argh ! Tu m’énerves !  T’entends ça ? Tu m’énerves. Tu ne veux même pas me donner des réponses à mes questions qui sont pourtant simples !
-    Qu’est-ce que tu veux que je te dise ?
-    La vérité ! Bon sang ! J’ai besoin de connaître la vérité, de savoir si vous avez déjà parlé de moi ou n’importe quoi d’autres…
-    Le monde ne tourne pas autour de toi Sam. 
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[81] (Histoire) posté le samedi 10 novembre 2007 19:30

 
 
    Et bien… Il cachait bien son jeu le Maxence. Je suis tout gentil, tout mielleux, mes fesses ! C’est un vrai connard oui ! Je dois être tellement masochiste que je me sens attirée par les mecs qui peuvent me faire souffrir. Ah bravo, t’es vraiment très douée Sam !

-    C’est vrai… Tu as raison, le monde ne tourne pas autour de moi, j’ai même plutôt l’impression qu’il tourne sans moi, mais ça tout le monde s’en fout. Tant que je suis gentille, que je fais croire que je vais parfaitement bien, tout le monde s’en fout… Tu sais quoi ? Je te remercie beaucoup pour le chocolat chaud, lui au moins a su me réconforter.

    Pas la force de me battre même si je le voudrais, pas la force de me disputer même si là aussi je le voudrais. Le seul regain d’énergie auquel j’ai le droit c’est dirigé directement dans mes jambes. Je crois que j’ai juste de quoi rentré chez moi… En prenant le bus évidemment.

-    J’espère que tu pourras dormir sur tes deux oreilles ce soir, car après tout moi je vis avec ça, cette sorte de culpabilité.  Celle me ronge tous les jours, toutes les nuits, car après tout je me sens coupable d’avoir été si faible… J’ai juste toutes ces questions qui ne me quittent jamais et ce soir j’ai eu l’audace de penser que je pourrais y trouver quelques réponses de ta part, mais je me suis encore gourée, je me plante toujours en matière de jugement… Maintenant si tu permets, je rentre voir chez moi, voir ma mère qui va encore me demander ce qu’il s’est passé et à qui je serais incapable de dire la vérité, tout simplement pour pas qu’elle se sente coupable à son tour, pour ne pas qu’elle imagine qu’elle a loupé quelque chose dans mon éducation, car elle était toute seule.

    Je le laisse planté sur son canapé. Je me dépêche de sortir de chez lui, mais une fois la porte refermée, je m’adosse à celle-ci et me met à rire nerveusement. Le presque « je retourne chez ma mère », bravo… Encore de quoi passer pour plus conne que je ne le fais déjà. Décidément… Rien ne va. 
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