[73] (Histoire) posté le vendredi 09 novembre 2007 20:49

 


    Je me réveille enfin et me rend compte que Maxence s’est endormi à son tour. Je me dégage doucement de son étreinte pour ne pas le réveiller et vais rejoindre ma mère dans le salon en ayant fait un petit détour par la cuisine pour prendre une bouteille d’eau. Je m’assois à côté d’elle. Apparemment elle est tombée sur une niaiserie à la télé et ça a l’air de la passionner.

-    Où est Maxence ? Me demande-t-elle les yeux toujours rivés sur la télévision.
-    Il dort encore.

    Bizarre, elle lâche la télé du regard d’un seul coup pour le porter sur moi. Oh ! Bon sang, maman, sieste n’est pas toujours synonyme de sieste crapuleuse. Bon, ben place aux explications. Super…  Ca me réjouis au plus au point.

-    Tu as pleuré ? Il t’a fait quoi ?

    Zut… J’aurais dû faire gaffe en allant acheter ce nouveau tube de mascara. Alors que l’ancien était waterproof, ou water-pouf comme j’aime le dire, celui-là ne l’est pas et j’ai juste de magnifique coulures noires qui partent de mes yeux pour s’étaler sur mes joues. Halloween est passé, mais sinon je suis grimée pour là…

-    Il ne m’a rien fait maman, soupiré-je. Et puis c’est entre lui et moi.
-    Non ma puce ! Si un garçon fait pleurer ma petite fille il va entendre parler du pays, tu peux me croire !
-    Il ne m’a pas fait pleurer, je me suis, comment dire… faite pleurer toute seule…
-    Quoi ?!

    Ne prend pas cet air interloqué… Je ne suis pas la première qui pleure en parlant d’un sujet difficile, si ? Comment lui expliquer sans trop lui en dire pour autant ? Ca devient difficile ce petit jeu. Ca use toutes mes capacités intellectuelles qui ne sont déjà pas très nombreuses.

-    Je lui ai parlé de papa…

    Tiens, je crois que j’ai mon nez qui s’allonge. Pinocchio, sort de mon corps ! Au moins je suis sûre qu’elle ne va pas me demander plus amples explications et c’est un sujet douloureux comme un autre.

-    Ca n’explique pas la « sieste », continue-t-elle plus doucement.
-    J’étais épuisée après lui en avoir parlé, je me suis endormie dans ses bras et apparemment il a fini par s’endormir à son tour. 
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[74] (Histoire) posté le vendredi 09 novembre 2007 20:53

 
 
    Alors qu’elle s’apprête à me répondre, Maxence fait son entrée dans le salon, visiblement gêné. Je ne sais pas s’il a entendu la conversation, mais il n’en mène pas large quand même. Enfin, peut-être est-ce dû au regard noir que lui bourre ma mère… Mine de rien, elle peut faire peur ma môman.

-    Tu aurais dû me réveiller, dit-il d’une petite voix.
-    Tu semblais si bien dormir, je n’en ai pas eu le courage.
-    C’est juste qu’avec le boulot et les cours, je suis naze en ce moment.

    Je lui adresse un sourire bienveillant. Ma mère continue de le fusiller du regard il semble de plus en plus mal à l’aise. Est-ce que je me la joue sadique ou gentille ? Allez, je me la joue sadique et puis ça ne leur fera pas de mal de parler ensemble, non ?

-    Je reviens dans un instant, je vais me débarbouiller, m’exclamé-je en me levant du canapé.

    Maxence se crispe. Il n’a plus d’autre choix que de rester seul avec ma mère. Lorsque je passe à côté de lui, je dépose un léger baiser sur ses lèvres et murmure un « courage ». Elle ne va pas le manger, non, elle va juste lui foutre la trouille de sa vie pour qu’il ne tente rien avec moi avant le mariage… D’autant plus qu’elle sait très bien que le mot « mariage » me file de l’urticaire. Ma mère a un côté très paternel quand on y réfléchit bien.

J’arrive dans la salle de bain et me regarde dans le miroir. En effet, j’ai une sale tronche… Je fouille dans le placard et y retrouve les lingettes démaquillantes. C’est pas écolo pour un sou, mais au moins c’est pratique. Vu que moi et le lait démaquillant ne sommes pas les meilleurs copains du monde…  
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[75] (Histoire) posté le vendredi 09 novembre 2007 20:55

 
 
    Une fois mon apparence presque normale retrouvée, je les rejoins dans le salon. Première constatation, il n’y a pas de sang, pas d’objets cassés. Deuxième constatation, il est assis à côté d’elle sur le canapé et ils parlent tranquillement. Il a dû lui faire son faciès d’ange, je ne vois que ça…

-    Je suis de retour, dis-je pour attirer leur attention.
-    Ah ma puce ! Maxence m’a demandé s’il pouvait t’emmener dîner ce soir, j’ai accepté, mais seulement si tu ne rentres pas trop tard.

    Di… dîner ? Ca se voit que je suis surprise ? Non parce que là je dois bien avouer que je ne m’y attendais pas du tout, mais je ne sais pas ce qui me surprend le plus. Si c’est qu’il m’emmène dîner ou plutôt que ma mère accepte que je sorte avec lui ce soir après l’avoir tué une infinité de fois avec ses yeux ? Oh et puis je ne veux pas savoir le pourquoi du comment, tant qu’il ne m’emmène pas au Mac Do, moi ça me va.

-    C’est cool.
-    Par contre, il va falloir y aller maintenant, m’informe-t-il. Je voudrais te montrer quelque chose avant d’aller au resto.

    Il a bien dit resto ? Je ne suis pas sourde ? Et crotte ! Voilà que je me retransforme en adolescente surexcitée… Je crois que je suis prête pour m’intégrer dans la clique groupie de ce groupe dont j’ai oublié le nom… Quoi que, pour ça faudrait encore que Maxence en fasse partie. Sans façon alors.

-    Il faut que je me change ? Demandé-je timidement.
-    Tu es très bien comme ça, me rassure-t-il.
-    Soyez sages les enfants et pas plus tard que minuit ou une heure du matin ma puce.
-    T’inquiètes maman.

    Je lui colle le traditionnel bisou sur la joue et nous partons vers l’endroit mystérieux où Maxence veut m’emmener. Je dois avouer que je déteste les surprises et que je ne suis pas des plus détendues. Je sais que je peux lui faire confiance, mais je reste tout de même sur mes gardes.

-    On est bientôt arrivé ? M’hasardé-je.
-    Je ne te le dirais pas. 
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[76] (Histoire) posté le vendredi 09 novembre 2007 20:57

 
 
    Je peux le taper ? Dites, dites, je peux le taper ? Mon hypothèse c’est qu’on va au parc vu que nous sommes sur le chemin pour, mais il brouille peut-être les pistes. Ca, c’est sa vengeance pour l’avoir laissé seul avec ma mère…

-    J’aime pas les surprises, maugréé-je.
-    Je pense que tu apprécieras celle-là.
-    Tant pis, je boude.

    Arfouille, le fait que je le boude n’a pas l’air de le déranger outre mesure et je ne peux pas faire de chantage, je ne peux le priver de rien… Je n’ai plus qu’à marcher sagement à ses côtés et attendre que la surprise arrive enfin… C’est nul !

On arrive devant le parc, mon hypothèse était bonne jusque là, mais c’est après que ça se corse. Où va-t-il m’emmener ? On prend le chemin qui nous mène vers la serre, « notre coin à nous » comme on l’appelle. J’y comprends décidément rien…

-    Ferme les yeux, me dit-il tout en poussant la porte du bâtiment.

    Lorsque je sens ses mains se poser sur mes paupières, je ne peux qu’obtempérer. Ca me gave de ne pas savoir, mais je suis sûrement tout prêt du but. Il me guide dans mes pas et s’arrête soudainement. Je sens son souffle contre mon cou et la pression de ses mains sur mes yeux se relâchent.

-    Tu peux les rouvrir maintenant, murmure-t-il à mon oreille.

    Je le fais tout doucement. Je suis quand même un peu anxieuse quant à ce que je vais découvrir…

-    Wow… C’est… super beau.
-    On m’a prévenu qu’elles devaient éclore sous peu et quand je suis venue ce matin, j’ai vu que le « sous peu » était arrivé.

    Une multitude de petites fleurs se dressent devant nous. C’est vraiment un spectacle magnifique, surtout pour un mois de novembre où les fleurs et autres éléments de la nature se font plus que rares.

-    Tu vois, tu n’avais pas à avoir peur, déclare-t-il en me prenant dans ses bras.
-    Pas ma faute si j’aime pas les surprises… 
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[77] (Histoire) posté le vendredi 09 novembre 2007 21:02

 
 
    Il me sourit puis m’embrasse tendrement. Ce cadre est vraiment idyllique, je m’y sens très bien. On va s’asseoir sur un des bancs et y restons plusieurs dizaines de minutes en silence, seulement serrés l’un contre l’autre.

-    Il faut y aller, me dit-il doucement.
-    D’accord…
-    On repassera demain si tu veux.

    J’hoche la tête en guise « d’acceptation ». Demain on y restera plus longtemps, on pourra même y passer toute la journée s’il le faut.

Nous ressortons du parc main dans la main, je ne sais pas dans quel restaurant nous allons, mais comme ses surprises sont plutôt bonnes, je me laisse guider. Nous marchons dans une grande avenue quand soudainement je m’arrête. Cette fin d’après-midi était pourtant parfaite, pourquoi vient-il tout gâcher maintenant ?

-    Sam, ça va ?
-    Je… Oui. Enfin, je… Il n’y a pas un autre chemin pour aller au restaurant ?
-    Il est juste là, m’explique-t-il en le montrant du doigt.

    Je dois me faire violence pour continuer à avancer. Après tout, avec lui je ne risque rien, non ? Je suis totalement collée à Maxence, j’ai besoin de le sentir me protéger. Nous passons enfin à côté de cette voiture blanche et lorsque je me détends enfin...

-    Hey Max, ça fait un bail !

    Je crois que je vais me sentir mal. Non, en fait je me sens mal. Je suis prise d’une nausée soudaine et n’ai qu’une envie : me cacher sous terre. J’écrabouille la main de Maxence dans la mienne, il me regarde incrédule.

-    C’est clair, ça fait une paye, mais entre le boulot et le cours, plus le temps pour ça…
-    Le boulot, les cours et surtout la fille, reprend-il en me dévisageant. Mais regardez qui voilà, c’est cette petite Sam !

    Pourquoi ? Pourquoi faut-il que Maxence le connaisse ? Pourquoi faut-il qu’il m’ait reconnu ? Pourquoi mon cœur bat si fort que j’ai l’impression qu’il va finir par s’arrêter ?
 
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