[65] (Histoire) posté le jeudi 08 novembre 2007 01:13

 
 
    Quelques minutes plus tard nous étions enfin arrivés devant le bar. Pour la première fois de ma vie, sans exagérer, j’ai poussé la porte et suis entrée la première dans un lieu, chose que je ne fais jamais quand je suis accompagnée. En me voyant, Maxence m’adresse un léger sourire. Au secours ! Comment vais-je faire pour ne pas l’embrasser et être super froide avec lui ? Quelle galère.

-    Salut Max, dit Jean en entrant à son tour. Pas trop dur la vie de barman ?
-    Ereintant… Et on ne peut même pas boire à l’œil.
-    Quelle tragédie ! Et en faire profiter les potes ? Demandé-je à mon tour.
-    Non plus.
-    C’est trop la loose !

    C’est vrai quoi. Qu’il ne boive pas, je peux très bien comprendre, le barman aussi bourré que ses clients, ça le fait moyen, mais Jean et moi on a pas besoin d’être purs comme un nouveau-né non plus.

-    Alors, une grenadine pour miss Catastrophe et toi, Jean, qu’est-ce que tu veux ?
-    Une bière…

    Ah ! Ah ! Ah ! T’as pas dix-huit mon Jeannot, tu dois te contenter des alcools les moins forts… Attendez ! Il vient bien de dire une grenadine pour moi ? Non ! Je ne suis pas d’accord ! Je proteste !

-    Tu sais où tu peux te la mettre ta grenadine ? M’agacé-je.
-    Non, mais tu peux venir me le dire, me répondit-il sensuellement.

    C’est pas du jeu ! Il peut se maîtriser, lui, derrière son comptoir. Moi, je suis à deux doigts de passer par-dessus le bar et de le violer. Oui, oui, c’est bien moi qui parlait de « revirginisation »… C’est simplement que je me l’imagine seulement vêtu du tablier et que dans ces cas-là c’est très dur de se maîtriser.

-    Alors, tu veux quoi miss ?
-    Une menthe à l’eau.

    Je lui offre mon plus grand sourire. Il n’était pas très loin avec la grenadine, mais c’est juste par esprit de contradiction que je préfère prendre du sirop de menthe. Pendant qu’il prépare nos boissons, Jean et moi nous installons à la table de billard. Pas d’enjeu entre nous, généralement on revient avec la mise de départ, on n’arrive jamais à se départager et puis… L’argent entre amis, c’est un sujet sensible.

Alors que nous avons commencé à jouer, Maxence nous apporte nos commandes et les pose sur la table plus proche du billard. C’est à mon tour de jouer et pourtant, je n’arrive pas à me concentrer sur autres choses que ses deux fesses qu’il a de très belles d’ailleurs. Je loupe mon coup sous le regard victorieux de Jean. Si tu savais mon Jeannot, si tu savais. 
lien permanent

[66] (Histoire) posté le jeudi 08 novembre 2007 01:15

 
 
    Il se concentre à son tour sur le jeu et Max en profite pour me frôler légèrement la hanche en repartant derrière son comptoir. Sadique ! Il est totalement sadique ! Un frisson me parcourt le corps, je fixe la bille blanche pour ne pas perdre d’esprit qu’il ne doit rien se passer entre nous ce soir.

-    Rah ! Loupé ! Crie presque Jean.
-    C’était bien la peine de te foutre de moi juste avant.
-    Gna, gna, gna…

    Je joue à mon tour, j’ai réussi à regagner un peu de ma concentration et mets sur les deux coups que je joue, mets deux billes dans la poche. Je n’ai pas autant de chance pour le troisième et me vois obligée de laisser Jean retenter sa chance.

-    J’dois faire un tour au pipi-room, dis-je soudainement.
-    Tu veux que je t’accompagne ? Les nanas ça va toujours en groupe aux toilettes. Le mystère féminin absolu pour moi. Vous avez peur de vous perdre ou quoi ?
-    T’inquiètes, je vais réussir à y aller toute seule et si je me perds je t’appelle.

    Je me dirige vers les toilettes en repensant à ce qu’il venait de me dire. C’est vrai que les filles vont généralement aux toilettes à plusieurs… Je vois pas pourquoi, mais bon, je ne dois pas être une vraie fille, ça doit être ça.

Après avoir ôté l’immense poids qui pesait sur ma vessie, je me lave les mains et me regarde dans la glace. J’ai beau avoir un mascara waterproof, le crayon noir, lui, il coule toujours. Je prends une des feuilles de papier qui sert initialement à se laver et les mains et essuie les bavures.

-    En fin de compte, si, je dois être une vraie nana. Une de celles qui n’ont que des amis masculins par contre.

    En ressortant de la « salle de bain », je me sens happée jusque dans un recoin plus sombre, une main plaquée contre ma bouche. Mon instinct de survie étant le plus fort, je mords le premier morceau de chair à porter de mes dents.

lien permanent

[67] (Histoire) posté le jeudi 08 novembre 2007 01:21

 
 
-    Aouch ! S’exclame la voix. Quand je dis que tu es violente.
-    Max ?!
-    Tu m’appelles Max maintenant ? J’aime bien. Qui voulais-tu que ce soit d’autre ?
-    Euh je sais pas ? Un ivrogne tentée de se faire une jeune femme dans les toilettes… Qu’est-ce que tu fais là ? Tu devrais être derrière le bar.
-    J’ai dit que j’avais quelque chose à chercher dans la réserve.

    Pas bête comme excuse, en effet le couloir qui mène aux toilettes est le même que celui qui mène à la réserve et je viens de découvrir qu’il y avait aussi un placard à balai dans cette arrière-salle.

-    Tu sais que c’est terrible de te regarder jouer au billard, déclare-t-il alors que je me retourne pour être face à lui.
-    Pas plus terrible que l’effleurement de hanche auquel j’ai eu le droit…
-    C’était involontaire.
-    A d’autres !

    Sur ces quelques mots je me presse contre lui et dans un effort surhumain me dresse sur la pointe des pieds pour l’embrasser. D’abord, tendre et délicat, notre baiser se fait de plus en plus fougueux et passionné. Je me fais violence pour ne pas commencer à le déshabiller et arrête notre caresse linguale avant qu’elle ne nous pousse à aller plus loin.

-    Tu passes chez moi ce soir ? Me dit-il dans un souffle.

    Je le regarde et lui sourit tendrement.

-    Patience est mère de toutes les vertus.

    Je lui dépose un dernier baiser sur la joue et le laisse, planté, là dans le placard à balai, plus que probablement frustré. Et oui mon petit Max… Il faudra être patient.

lien permanent

Parlotte de fin de chapitre n°12 (Parlotte de fin de chapitre) posté le jeudi 08 novembre 2007 01:28


Votre plugin flash n�cessite une maj !cliquez ici

 
 
 
 
    Ouhla, j'ai cru que je n'allais jamais pouvoir l'écrire ce chapitre là. Depuis que je me suis levée je n'ai pas arrêté de cavaler partout. Entre le rendez-vous chez le médecin, aller chercher ma place pour Linkin Park (et en profiter pour acheter quelques livres), aller chez le buraliste pour lui demander s'il peut prendre mon annonce, faire une sortie avec mon frère, bouffer au MacDo avec lui et ensuite aller voir le match contre Grenoble (arbitrage de merde au passage), je n'ai pas soufflé aujourd'hui.

J'espère que ce chapitre un peu plus léger vous aura plu, moi ça m'a fait du bien de l'écrire, même si au début je n'étais pas vachement inspirée, j'ai rapidement eu les « illuminations » pour la suite.


Bisouilles tout le monde et La grande vadrouille pour les autres


Musique : Foo Fighters - The Pretender

HS : L'est bien pour ses 38 ans le Dave Grohl
*spaf*
*moment d'égarement à la Sam*

lien permanent

[68] (Histoire) posté le jeudi 08 novembre 2007 21:10

 

    Trois semaines se sont passées depuis la petite scène du placard à balai. Trois semaines durant lesquelles je me suis pas mal calmée niveau caractère. Pour dire, je ne me suis faite virer que quatre fois de cours, mathématiques bien sûr, mais c’était voulu, avec Max on planifie ces renvois pour pouvoir se voir sans avoir Jean collé à nos basques. C’est pas des plus malins, mais au moins c’est efficace.

Le cercle des personnes au courant de notre relation s’est un peu étendu, en effet Etienne nous a surpris en train de nous embrasser dans la remise et les secrétaires et surveillants du lycée ont aussi été contraints d’être dans la confidence. Il faut dire que dès que nous sommes seuls nous avons du mal à nous décoller l’un de l’autre. Une relation plutôt fusionnelle, mais aussi pas mal inquiétante parfois.

Cependant, en dehors du lycée on se voit de moins en moins. Hormis une ou deux virées dans le parc et trois ou quatre dans le bar avec Jeannot en prime, on ne peut pas dire qu’on ait beaucoup de rendez-vous… Il faut dire que je me montre de plus en plus distante quand je ne suis pas dans un endroit où je sais qu’il ne pourra rien se passer que je ne veuille qu’il se passe. Ca a tendance à agacer Maxence, mais à chaque fois que je veux lui en parler, aucun mot ne sort de ma bouche et je reste totalement bloquée.

-    Sammy, ton chéri est arrivé.
-    Fais-le entrer maman.

    Un jour où l’autre il faut bien que tout se débloque, non ? Ben ce jour sera sûrement aujourd’hui. Certes, je suis tendue comme un string plongé dans l’amidon, mais il faut que je sois claire et lucide pour pouvoir être prise au sérieux et puis quand on sait ce qui s’est passé la dernière fois que j’ai bu et où il était là…

-    Salut Suzette, me dit-il en rentrant dans ma chambre.

    Ca commence mal, j’ai envie de le tuer. Poser mes mains autour de son cou et serrer très fort. Mais quelle idée aussi a eu ce prof à la con de nous appeler par tout nos prénoms pour préparer les papiers pour le bac et quelle idée de m’avoir affublée des prénoms super modernes de mes grands-mères. Déjà que je n’aime pas des masses mon premier prénom, je ne peux même pas l’échanger pour l’un des autres. 
lien permanent