Quelques minutes plus tard nous étions enfin arrivés devant le bar. Pour la première fois de ma vie, sans exagérer, j’ai poussé la porte et suis entrée la première dans un lieu, chose que je ne fais jamais quand je suis accompagnée. En me voyant, Maxence m’adresse un léger sourire. Au secours ! Comment vais-je faire pour ne pas l’embrasser et être super froide avec lui ? Quelle galère.
- Salut Max, dit Jean en entrant à son tour. Pas trop dur la vie de barman ?
- Ereintant… Et on ne peut même pas boire à l’œil.
- Quelle tragédie ! Et en faire profiter les potes ? Demandé-je à mon tour.
- Non plus.
- C’est trop la loose !
C’est vrai quoi. Qu’il ne boive pas, je peux très bien comprendre, le barman aussi bourré que ses clients, ça le fait moyen, mais Jean et moi on a pas besoin d’être purs comme un nouveau-né non plus.
- Alors, une grenadine pour miss Catastrophe et toi, Jean, qu’est-ce que tu veux ?
- Une bière…
Ah ! Ah ! Ah ! T’as pas dix-huit mon Jeannot, tu dois te contenter des alcools les moins forts… Attendez ! Il vient bien de dire une grenadine pour moi ? Non ! Je ne suis pas d’accord ! Je proteste !
- Tu sais où tu peux te la mettre ta grenadine ? M’agacé-je.
- Non, mais tu peux venir me le dire, me répondit-il sensuellement.
C’est pas du jeu ! Il peut se maîtriser, lui, derrière son comptoir. Moi, je suis à deux doigts de passer par-dessus le bar et de le violer. Oui, oui, c’est bien moi qui parlait de « revirginisation »… C’est simplement que je me l’imagine seulement vêtu du tablier et que dans ces cas-là c’est très dur de se maîtriser.
- Alors, tu veux quoi miss ?
- Une menthe à l’eau.
Je lui offre mon plus grand sourire. Il n’était pas très loin avec la grenadine, mais c’est juste par esprit de contradiction que je préfère prendre du sirop de menthe. Pendant qu’il prépare nos boissons, Jean et moi nous installons à la table de billard. Pas d’enjeu entre nous, généralement on revient avec la mise de départ, on n’arrive jamais à se départager et puis… L’argent entre amis, c’est un sujet sensible.
Alors que nous avons commencé à jouer, Maxence nous apporte nos commandes et les pose sur la table plus proche du billard. C’est à mon tour de jouer et pourtant, je n’arrive pas à me concentrer sur autres choses que ses deux fesses qu’il a de très belles d’ailleurs. Je loupe mon coup sous le regard victorieux de Jean. Si tu savais mon Jeannot, si tu savais.











