[61] (Histoire) posté le mardi 06 novembre 2007 19:05

 
 
    Je n’ai plus besoin de le reconduire jusqu’à la porte, il connaît très bien le chemin et puis si je devais le raccompagner je crois que je ne le laisserai pas s’en aller. C’est un bon compromis.

-    Ma puce ?

    Elle guettait son départ ma parole ? Elle était tapie derrière la porte prête à bondir sur moi telle une lionne sur sa proie. Tout ça n’augure vraiment rien de bon…

-    Qu’est-ce qu’il y a maman ?
-    Tu sais je n’ai rien voulu dire parce que Maxence était-là…
-    Mais ? Demandé-je assez rapidement.
-    Il n’est pas un peu trop tôt pour l’inviter dans ta chambre, tu ne crois pas ? Certaines choses peuvent très vite arriver dans ces cas-là.

    Ca… je l’ai appris à mes dépends.

-    On a juste discuté maman, pas de quoi te taper un infarctus non plus.
-    Mais un jour vous ferez plus que discuter…

    Quand j’avais dit que je n’échapperai pas à cette discussion, je ne m’étais pas trompée.

-    Ah bon ? On jouera au scrabble ou au trivial pursuit aussi ?
-    Pas vraiment, non.
-    Bah on fera quoi alors ?

    J’adore jouer l’ingénue pendant ce genre de discussion. Comme ça elle se sent encore plus gênée de ce qu’elle a à dire et elle écourte le tout dans un « pense toujours à te protéger, s’il te plaît ».

-    Sammy, tu dois bien te douter de ce que je veux parler…
-    Des fleurs et des abeilles ? De la petite graine dans le ventre de la maman ou des cigognes ? Je dois bien avouer que j’arrive pas à me décider entre ces trois-là.
-    Ma puce, tu dois savoir qu’à ton âge une relation amoureuse se contente rarement que de quelques baisers et caresses.
-    C’est vrai, on peut aussi faire du tricot…

    Elle me regarde avec un air désespéré. Genre à dix-huit je ne sais pas encore qu’on peut avoir des rapports sexuels avec des garçons… Enfin le pire dans tout ça, c’est qu’avec ses yeux de chiens battus, elle me ferait presque pitié.

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[62] (Histoire) posté le mardi 06 novembre 2007 19:06

 
 
-    Maman, c’est bon, je suis pas aussi bête que j’en ai l’air. Je sais à quoi m’attendre.
-    Je ne voudrais pas qu’il t’arrive quelque chose ma puce.
-    Je sais, maman, je sais.

    Comment lui dire que j’ai déjà appris cette leçon à cause de mes erreurs ? Je sais que j’ai eu de la chance une fois et qu’avoir la même une seconde tient du domaine de l’utopie.

-    Enfin quoi qu’il en soit, pense toujours à te protéger, s’il te plaît…

    One point.

-    … et ne te force si tu n’as pas envie. Tu dois être prête pour que ça se passe bien.

    Deux ans trop tard maman… Mais tu ne peux pas le savoir et je ne veux pas te le dire. Je ne veux pas que tu prennes ce regard tellement désolé que tu as parfois quand je te parle de ce qui m’a blessée. Je me soulève du lit et l’embrasse sur la joue.

-    Merci maman.
-    De quoi ma puce ? Je ne fais que mon devoir de mère.
-    D’être-là, tout simplement.

    Elle ne comprend pas cet élan soudain d’affection, mais elle l’accueille tout de même. Je sais qu’elle a toujours fait de son mieux pour moi, mais j’ai voulu voler de mes propres ailes trop tôt et je les ai endommagées.

-    Ah au fait. Je sors avec Jean ce soir, on va faire un petit tour.
-    Vous allez voir Maxence je suppose ? Demande-t-elle avec un petit air moqueur.
-    Oui, mais Jean ne sait rien. Alors, si tu pouvais éviter de faire une boulette.
-    Pas de problème ma puce.

    Elle sort de ma chambre et ferme la porte derrière elle. Je m’affale dans mon lit et me met à penser à ce qu’elle m’a dit. C’est vrai que j’aimerais prendre mon temps cette fois, ne pas obéir à une pulsion subite, mais apprendre à le découvrir un petit peu plus avant de faire quelque chose de stupide.

Une première fois avec lui, mais qui serait une sorte de première fois tout court. Je sais qu’on ne peut pas revenir en arrière, mais finalement cette idée de « première fois » n’est-elle pas plus importante psychologiquement que physiologiquement ? Après aura-t-il la patience et l’envie de coller à mes lubies ? C’est une autre question, mais il ne m’a pas l’air si bête que ça, je pense que le jour où je pourrais lui expliquer il comprendra…

-    Du moins je l’espère, dis-je à haute-voix pour moi-même.
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Parlotte de fin de chapitre n°11 (Parlotte de fin de chapitre) posté le mardi 06 novembre 2007 19:12


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    Un chapitre un peu plus court que d'habitude, mais je me suis rendue compte que ça n'aurait pas été très judicieux de le continuer comme je le voulais, il y aurait eu une trop grande « cassure » entre les évènements. La bonne nouvelle dans tout ça c'est que je n'ai pas à me creuser les méninges pour le prochain chapitre, j'ai déjà le sujet.

J'espère que ça vous aura plu. Même si j'essaye de toujours mettre la touche d'humour, j'aime aussi la Sam un peu plus grave, un peu plus sérieuse. L'humour (sarcastique) est sa protection, mais j'ai envie de la dévoiler un peu plus.


Bisouilles tout le monde et quenouilles pour les autres


Musique : Stereophonics - It Means Nothing

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[63] (Histoire) posté le jeudi 08 novembre 2007 01:08

 

    Il est dix-neuf heures et des brouettes quand je me réveille de ma sieste. Même si j’ai très bien dormi cette nuit, je crois que ma course dans la ville et l’air frais m’ont totalement mise K.O.

-    Ma puce, tu viens manger ?
-    J’arrive maman.

    Ca tombe bien, j’ai une faim de loup. Je me lève, la bouche un peu pâteuse, la première chose que je vais faire en arrivant dans la cuisine c’est me servir un verre d’eau. Je ne suis pas une grande fan de cette sensation.

-    Bien dormi ma puce ?

    Comment elle sait que j’ai dormi ? Elle est venue m’espionner ? Alors que je lui lance un regard des plus interrogatifs, elle me montre le réfrigérateur. Je me regarde dedans. Horreur, j’ai la trace du drap sur la joue, c’est super glamour… Toujours mieux que celle du clavier, mais tout de même…

-    On mange quoi ? Demandé-je entre deux gorgées d’eau.
-    Manchons de poulet et pâtes. Je sais, je ne me suis pas foulée mais…

    Pas foulée ? Mais elle n’est pas Wonder Woman non plus… C’est un repas largement suffisant et en plus j’adore les pâtes ! Je pourrais en bouffer des tonnes avec plein de fromage fondu dessus. Rien qu’en y pensant, j’ai l’eau à la bouche.

-    Arrête de dire des bêtises, c’est très bien.
-    J’aimerais pouvoir faire plus parfois…
-    Tu fais tout ce qu’il faut, je te le jure, t’es une des meilleures mères du monde.

    Oui, je sais, j’aurais pu dire « la meilleure mère du monde », mais elle a si bien planqué la bouteille de vodka que je ne suis pas arrivée à la retrouver. Même les cadeaux de Noël j’ai toujours réussi à les retrouver, mais là, nada, niet, nothing, que dalle !

-    T’as besoin de quelque chose ?
-    Quoi ? J’ai pas le droit de te faire de compliments sans arrière-pensées ?
-    Si bien sûr que si ma puce, c’est juste que c’est rare.

    Et vlan ! Prends-toi ça dans les dents Sam. Tu sais ce que ça veut dire ? Plus de compliments et moins de soupirs quand elle ne t’autorise pas à faire certaines choses où quand elle te saoule avec ton nouveau supra petit copain… 
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[64] (Histoire) posté le jeudi 08 novembre 2007 01:11

 
 
    J’avale le contenu de mon assiette en deux temps, trois mouvements. Je mange toujours comme un petit goret quand je suis pressée et là je me doute bien que Jean ne va pas tarder à arriver. Un… Deux… Trois et « ding-dong », dès fois je me dis que je suis vraiment trop douée… ou qu’il est vraiment réglé comme un coucou suisse le petit Jeannot.

-    J’y vais maman ! A tout à l’heure.
-    Ne rentre pas trop tard.
-    T’inquiètes, je serais là avant l’aube.

    Je lui colle une bise sur la joue, habitude tenace, puis j’enfile un manteau et vais rejoindre Jean dehors.

-    Hello mon Jeannot, comment tu vas bien ?
-    Euh… Très bien et toi ?

    Je crois que ma bonne humeur lui fait peur. A noter sur mon petit calepin de ce qui fout la frousse à Jean : « quand je suis trop heureuse, il se demande ce qui va lui tomber sur le coin de la figure ». T’inquiètes, il ne t’arrivera rien, c’est juste que j’ai passé une très bonne soirée avec ton cousin.

-    Ca va très bien aussi.
-    Dis donc, la campagne ça te réussit. Tu devrais y retourner plus souvent.

    Si seulement il savait que le mot « campagne » voulait dire « rencard avec Maxence » dans mon vocabulaire… Mais non ! Il ne le saura pas ! Na, na, na, na, nèreuh !

-    T’as raison… Alors, on va où mon grand ?
-    Je sais pas… Tu veux aller où toi ?

    Voir Maxence ! Hum, ca-calme, coo-cool, zen-zen, lexomil, comme dirait l’autre. Ne pas montrer que tu es retournée au stade d’adolescente bourrée d’hormones prête à se jeter sur toute personne du sexe opposé. Enfin, surtout une.

-    On pourrait peut-être aller se faire un billard ?
-    Et voir mon cousin par la même occasion ?
-    Rah, espèce d’idiot !

    C’est pas vrai ? Il lit dans mes pensées… Il maîtrise la legilimancie ou quoi ? Attention Jeannot, moi j’vais appeler le professeur Rogue et lui demander de me faire des cours particuliers. Oui, oui, j’dois être la seule nana qui fantasme sur Rogue, mais bon, il est si sombre… Ahum… Désolée, je crois que j’ai encore légèrement divagué.

-    Toute façon on a pas d’autre endroit où aller, constate-t-il.
-    Yep ! Exactement. Alors, en route mon gros.
-    Je suis pas gros !
-    Mais très susceptible, ajouté-je en lui tirant la langue.

    On s’est mis en route. Sur le chemin il m’a demandé comme ça s’était passé hier avec  son cousin après son départ précipité et injustifié. Je lui ai juste dit qu’on avait regardé un autre film et que Maxence était parti au boulot au moment où ma mère rentrait du sien. A vrai dire, je n’ai pas menti, j’ai juste oublié quelques détails dans mon récit. 
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