Moment d’intense réflexion. Le « être
ou ne pas être » de Shakespeare, à
côté de ça… C’est vraiment de la
gnognotte.
- Passe lui seulement mon e-mail, s’il
veut mon numéro de téléphone, il me le
demandera par lui-même.
-
D’accord…
C’est un rapide dit donc. La fenêtre
me demandant si je veux accepter un nouveau contact vient
déjà de s’afficher. Soit Jean lui avait
déjà donné mon adresse, soit il était
dans les starting-blocks pour la rentrer… Ou bien
peut-être un peu des deux. Je prends mon courage à
deux mains… Enfin façon de parler, je prends
plutôt ma souris dans la main et valide mon choix.
Tiens, je sens que je vais me la jouer à la Amélie
Poulain. S’il me dit « bonsoir », je
lui dis que tout ça était une blague. S’il me
dit « salut », je laisse une chance à
notre histoire de s’écrire un peu plus sur le livre de
la vie. J’ouvre une fenêtre de conversation et attend
qu’il me parle. Pendant ce temps-là Jean me tient
toujours la jactance au téléphone.
- T’as fait tes exos de
maths ?
-
Depuis quand je fais les choses qu’on me demande au
bahut ?
-
C’était juste une phrase pour te faire
réagir.
- Espèce
d’idiot va… Bon si ça te dérange pas je
te laisse, je suis vannée, je fais un dernier tour sur le
net et je vais siester.
- Ok, sieste
bien alors.
-
Merci mon grand. A demain sur le jeu.
-
Probablement.
Je sens comme une pointe de déception
dans sa voix alors que je raccroche. Non ! C’est pas
vrai ! Mais quelle conne, j’ai oublié de lui
demander comment ça s’est passé avec sa
sœur. Je suis tellement obnubilée par Maxence que
j’en oublie Jean… Je suis impardonnable, mais
là c’est trop tard pour lui demander… Tant pis
je m’excuserai demain.
Avec tout
ça, j’en oublierai presque de regarder ce que Maxence
a écrit… Enfin s’il a écrit quelque
chose. Je me retourne vers mon écran en inspirant
profondément. Il y a une lutte intérieure qui
s’opère en moi. Mon esprit est en faveur du
« bonsoir » et mon cœur en faveur du
« salut ».
Je ferme les yeux, j’ai trop peur de lire ce qui est
marqué sur cette fenêtre de conversation. Allez un peu
de courage Sam, tu seras bien obligée de le lire un jour ou
l’autre. Laisse place à ta curiosité
exacerbée le temps de quelques secondes !
Je finis par m’écouter et ouvre mes yeux.
J’inspire profondément une seconde fois, bloque ma
respiration et expire tout doucement. En même temps je pose
mes yeux sur les quelques caractères qui sont marqués
devant moi.
Je déchiffre les lettres un « h », un
« e », deux « l » et un
« o ». Ca fait très pom-pom girl, mais
au moins j’ai réussi à lire qu’il me dit
« hello » et la traduction de ce mot en
français c’est… Salut, non ? Merci
Amélie Poulain…