Parlotte de fin de chapitre n°8 (Parlotte de fin de chapitre) posté le dimanche 04 novembre 2007 19:01


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    Ayé ! La suite est publiée ! Je sais, je sais, j'ai tardé, mais entre la crève que je me suis choppée, les rendez-vous médicaux et la journée à Paris (coucou Nono), je n'ai pas eu le temps d'écrire ou tout ce que j'entreprenais me paraissait vraiment médiocre.
 
J'espère que vous avez aimé ce que vous avez lu et que vous n'êtes plus autant frustré que la dernière fois.
 
Et un petit merci tout particulier à Nono, mais surtout à Absynthe qui suit plus qu'assiduement cette histoire (désolée de ne pas avoir donné de suite plus tôt).
 
 Bisouilles tout le monde et gratouilles aux autres
 
Musique : Nada Surf - Popular
 
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[49] (Histoire) posté le lundi 05 novembre 2007 00:04

 

    Lorsque la silhouette de Maxence a disparu au coin de la rue, je suis rentrée dans la maison en prenant un allé direct pour ma chambre. Je ferme le verrou. Aucune envie d’avoir à subir ma mère. Ce dernier baiser m’a laissé comme un goût amer sur les lèvres. Je me demande si j’ai bien fait de tout lâcher comme ça. Certes, c’était sous le coup de la colère et totalement involontaire, mais en trente secondes il en a plus appris sur moi que Jean en plus de deux ans… J’ai baissé ma garde et je n’aurais sans doute pas dû.

Il paraît que la base d’un couple c’est la confiance. Enfin, je ne pense pas pouvoir encore nous considérer comme un couple, mais bon… Je crois que quoi qu’il en soit, on part sur de mauvaises bases et je ne sais pas si on va être capable d’ajouter  du ciment pour les consolider… Une erreur, voilà le seul mot que je peux apposer à ce qu’il s’est passé sur le perron. Dès demain je lui dis que c’était une blague. Ouais, voilà, une bonne vieille blague bien grasse.

-    Ma puce, ça va ? Me demande ma mère à travers la porte.
-    Très bien maman, très bien.

    Je l’entends s’éloigner de ma porte, ma réponse a dû lui convenir. Je ne pense pas lui avoir menti, j’ai juste usé de la rétroactivité de cette vérité. C’est vrai, j’étais bien tout à l’heure serrée contre lui avec juste comme pensée : « C’est trop cool, il m’a embrassé », j’avais retrouvé ce côté adolescente qui jubile parce qu’elle a un petit copain… Espèce de gamine va, si tu savais combien je te hais parfois !

Je me lève et vais m’asseoir à mon ordinateur. De toute façon, je ne vais pas passer ma soirée à me morfondre ou à trouver une bonne excuse pour Maxence. Autant que j’aille tuer et retuer Jean sur le jeu, au moins ça me détendra et probablement me fera sourire quand il se plaindra.

J’en profite pour mettre ma musique en route. Je clique toujours sur le même son qui dure à peine quelques secondes, comme ça mon lecteur change de chansons et j’ai la surprise. Alors, à quoi vais-je avoir le droit ce soir ? Un bon petit rock énergique ? Du métal bourrin ? Et bien non, finalement ça sera la chanson déprimante histoire de bien remuer le couteau dans la plaie.

I swear that I can go on forever again
Please let me know that my one bad day will end
I will go down as your lover, your friend
Give me your lips and with one kiss we begin

    Un baiser qui n’aurait pas dû exister, un baiser de trop sur ce compteur qui devait rester à zéro. Finalement le fait que ma mère soit rentrée à ce moment précis n’aurait pas été une si mauvaise chose si l’action ne s’était finalement pas réalisée sur le perron…

Are you afraid of being alone
Cause I am, I'm lost without you
Are you afraid of leaving tonight
Cause I am, I'm lost without you
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[50] (Histoire) posté le lundi 05 novembre 2007 00:05

 
 
    Pourquoi n’ai-je pas la force de changer de chanson ? Pourquoi je me sens obligée de l’écouter jusqu’au bout ? Pourquoi en l’écoutant je me dis que je vais rester avec lui et voir ce qui en découle ? Pourquoi remue-t-elle autant de choses dans mes tripes que j’en ai presque la nausée ? Tout simplement, pourquoi ?

I'll leave my room open till sunrise for you
I'll keep my eyes patiently focused on you
Where are you now I can hear footsteps I'm dreaming
And if you will, keep me from waking to believe this


    Un rêve, finalement tout ça n’était peut-être qu’un rêve… En fait, je sais, hier soir en me cognant à ce lampadaire, j’ai été assommée et je suis de vivre un évanouissement délirant. Cette journée n’est pas réelle, totalement fictive et si je me concentre bien, je vais pouvoir me réveiller et reluquer les pompiers que Maxence a appelé quand il m’a vue inanimé sur le sol.

Are you afraid of being alone
Cause I am, I'm lost without you
Are you afraid of leaving tonight
Cause I am, I'm lost without you

    J’ai beau me pincer, je n’arrive pas à me réveiller. Peut-être suis-je carrément dans le coma ? Je le conçois, le choc n’a pas été très violent, mais il suffit de se dire que je me suis effondrée sur la chaussée et qu’une voiture est passée à ce moment-là et tout devient absolument compréhensible, non ?

Are you afraid of being alone
Cause I am, I'm lost without you
Are you afraid of leaving tonight
Cause I am, I'm lost without you


    Un bruit retentit au milieu de la chanson. Jean me parle sur la messagerie instantanée, je n’ai pas envie de lire ce qu’il m’a écrit, mais ma main force ma souris à se déplacer sur l’onglet et mon doigt clique de tel façon que la fenêtre s’affiche. Je lis et relis sa phrase, je n’ai pas envie de lui répondre, je n’en ai ni la force, ni le courage. Je suis totalement amorphe, je pense que mon histoire de rêve ne tient pas la route, mais j’essaye de m’y raccrocher.

Are you afraid of being alone
Cause I am, I'm lost without you
Are you afraid of leaving tonight
Cause I am, I'm lost without you

    Il doit se demander pourquoi je ne réponds pas… Moi je me demande pourquoi je lui ai avoué que j’étais toujours connectée et que mon statut hors-ligne ne servait qu’à cacher ma présence quand je ne voulais pas parler à certaines personnes. D’habitude il ne fait pas parti de ces « certaines personnes », mais ce soir il est en tête de liste.

I'm lost without you
I'm lost without you
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[51] (Histoire) posté le lundi 05 novembre 2007 00:07

 
 
    La chanson se termine et les larmes commencent à couler sur mes joues. Je l’aime et en même temps je ne suis pas capable de l’aimer et pourtant je sais que si je devais le perdre d’une façon ou d’une autre quelque chose en moi mourra… Je n’y comprends décidément rien. Je l’ai réellement rencontré hier, je ne le connais pas outre mesure et pourtant je me sens tellement attachée à lui. Comme si un lien invisible nous unissait. C’en est presque malsain tellement c’est fort…

-    Sam ?

    Encore ma mère, je ne l’avais pas entendu cette fois. Je sèche rapidement mes larmes et remercie l’inventeur du mascara waterproof.

-    Qu’est-ce qu’il y a ? Demandé-je en essayant de cacher les trémolos dans ma voix.
-    Jean au téléphone. Il dit qu’il a essayé de t’appeler sur ton portable, mais que tu ne réponds pas.

    Je prends mon téléphone portable et effectivement, quatre appels en absence. Il est vraiment inquiet… Je vais faire l’effort de lui répondre. Je lève mes fesses de ma chaise et vais ouvrir la porte. Ma mère me tend le téléphone que je prends rapidement en lui soufflant un « merci » avant de refermer ma porte à clef.

-    Qu’est-ce qu’il y a ? Marmonné-je.
-    Tu réponds pas, ça m’inquiète. Mon cousin ne t’as pas fait trop de misères ?

    Si tu savais… Mais tu ne sauras pas, je n’ai aucune envie de te parler d’une chose qui sera sans doute terminée demain ou après-demain.

-    Non, on s’est maté un film tranquille et il est parti bosser quand ma mère arrivait.
-    Ah… Pourtant, j’aurais pensé que, dit-il presque déçu.
-    Pensé que quoi ?
-    Que rien, oublie c’est encore une divagation de junkie dont le cerveau est réduit à l’état de marmelade grâce à des années de fumette intensive.
-    Tu peux le dire mon grand.
-    Sinon tu fais quoi demain ?

    Question piège. Déjà que je ne lui dis pas que je suis avec son cousin ou tout du moins un truc dans le genre. Alors, lui dire que je vais me balader avec lui et que je ne veux pas qu’il vienne, ça va vraiment paraître très louche.

-    Ma mère m’a proposé d’aller faire un tour dans la cambrousse. Je me suis pas sentie capable de refuser.
-    Toi à la campagne ? Ca s’est vraiment tordant.
-    Oh ça va, écrase.
-    Ah tiens, un message mon cousin qui me demande ton numéro de téléphone et ton adresse e-mail.
-    Il est chez lui là ?
-    Yep, mais il doit bientôt partir. Je lui donne ou pas ?
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[52] (Histoire) posté le lundi 05 novembre 2007 00:09

 
 
    Moment d’intense réflexion. Le « être ou ne pas être » de Shakespeare, à côté de ça… C’est vraiment de la gnognotte.

-    Passe lui seulement mon e-mail, s’il veut mon numéro de téléphone, il me le demandera par lui-même.
-    D’accord…

    C’est un rapide dit donc. La fenêtre me demandant si je veux accepter un nouveau contact vient déjà de s’afficher. Soit Jean lui avait déjà donné mon adresse, soit il était dans les starting-blocks pour la rentrer… Ou bien peut-être un peu des deux. Je prends mon courage à deux mains… Enfin façon de parler, je prends plutôt ma souris dans la main et valide mon choix.

Tiens, je sens que je vais me la jouer à la Amélie Poulain. S’il me dit « bonsoir », je lui dis que tout ça était une blague. S’il me dit « salut », je laisse une chance à notre histoire de s’écrire un peu plus sur le livre de la vie. J’ouvre une fenêtre de conversation et attend qu’il me parle. Pendant ce temps-là Jean me tient toujours la jactance au téléphone.

-    T’as fait tes exos de maths ?
-    Depuis quand je fais les choses qu’on me demande au bahut ?
-    C’était juste une phrase pour te faire réagir.
-    Espèce d’idiot va… Bon si ça te dérange pas je te laisse, je suis vannée, je fais un dernier tour sur le net et je vais siester.
-    Ok, sieste bien alors.
-    Merci mon grand. A demain sur le jeu.
-    Probablement.

    Je sens comme une pointe de déception dans sa voix alors que je raccroche. Non ! C’est pas vrai ! Mais quelle conne, j’ai oublié de lui demander comment ça s’est passé avec sa sœur. Je suis tellement obnubilée par Maxence que j’en oublie Jean… Je suis impardonnable, mais là c’est trop tard pour lui demander… Tant pis je m’excuserai demain. 
 
Avec tout ça, j’en oublierai presque de regarder ce que Maxence a écrit… Enfin s’il a écrit quelque chose. Je me retourne vers mon écran en inspirant profondément. Il y a une lutte intérieure qui s’opère en moi. Mon esprit est en faveur du « bonsoir » et mon cœur en faveur du « salut ».

Je ferme les yeux, j’ai trop peur de lire ce qui est marqué sur cette fenêtre de conversation. Allez un peu de courage Sam, tu seras bien obligée de le lire un jour ou l’autre. Laisse place à ta curiosité exacerbée le temps de quelques secondes !

Je finis par m’écouter et ouvre mes yeux. J’inspire profondément une seconde fois, bloque ma respiration et expire tout doucement. En même temps je pose mes yeux sur les quelques caractères qui sont marqués devant moi.

Je déchiffre les lettres un « h », un « e », deux « l » et un « o ». Ca fait très pom-pom girl, mais au moins j’ai réussi à lire qu’il me dit « hello » et la traduction de ce mot en français c’est… Salut, non ? Merci Amélie Poulain…

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