[36] (Histoire) posté le lundi 29 octobre 2007 17:29

 
 
    Qu’ouïs-je ? Qu’entends-je ? Lui un gentleman et moi ivre ? Non, mais il se prend pour quoi cet idiot ? Vas-y que je me fasse plus important que je ne suis. Dis ? La modestie tu connais mon grand ? Les chevilles elles vont bien ? Tu passes encore les portes avec la pastèque qui te sert de tête ? Viens-là que je te la dégonfle !

-    Sacrée Sam, toujours bourrée…
-    Dans tous les sens du terme il faut croire, lance l’autre tâche, désinvolte.

    Non, mais arrêtez moi où je fais un malheur ! Personne pour me retenir ? Tant mieux ! J’essaye de ne pas me ruer carrément sur lui, je m’approche normalement et relève la tête pour pouvoir le regarder dans les yeux. Fichtre, je suis déjà grande, mais il l’est encore plus que moi. J’essaye de prendre mon regard le plus menaçant, mais je sens bien que c’est celui de la Sam blessée qui est prédominant.

-    Ne parle plus jamais de ce que tu ne connais pas ! Tu m’as bien comprise. Je veux bien jouer, aucun problème, mais-là ne recommence plus parce que ce n’est pas la gentille petite Sam que tu vas trouver sur ton chemin, mais la méchante, celle avec qui je me bats chaque jour pour qu’elle ne refasse pas surface…
-    Sam, calme-toi s’il te plaît, il ne peut pas…
-    Rien à foutre ! Il y a des choses à dire et à ne pas dire et là il vient de mettre un pied en dehors de la ligne.

    La sonnerie retentit et la porte de la salle s’ouvre. Je m’engouffre dedans sans un regard pour ses deux nigauds. Je me mets à ma place habituelle et signifie à Jean que je veux être toute seule. Il s’assoit donc à côté de son cousin qui se demande encore pourquoi je me suis autant froissée.

-    Mademoiselle Henry, avez-vous fait une nuit complète au moins ?

    Je ronge mon frein  pour ne pas lui répondre d’aller se faire voir chez les grecs.

-    Oui monsieur, je n’ai pas fait l’habituel cauchemar où vous dansez la danse du ventre devant moi… Une véritable horreur, je me réveille toujours avec l’envie de me crever les yeux. 
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[37] (Histoire) posté le lundi 29 octobre 2007 17:30

 
 
    Après cette petite réplique, il m’a laissé tranquille jusqu’à la fin du cours. Une fois sortie, je vais dans la cour où personne ne va jamais. Elle est délabrée et jonchée de détritus en tout genre, mais au moins personne ne viendra m’embêter jusqu’ici.

-    Sam ?

    Loupé, il y en a encore un pour venir me casser les pieds jusqu’à dans ce tas d’immondices.

-    Qu’est-ce que tu veux le nouveau ?
-    M’excuser, je sais pas m’arrêter et je fais souvent des bourdes monumentales.
-    Ca tu peux le dire…
-    C’est juste qu’avec hier soir…
-    Je sais, je suis passée pour une sacrée salope hein ? Ben le pire c’est que ça doit être vrai. Finalement ça serait plutôt à moi de m’excuser.
-    Raconte pas de conneries. C’est pas parce que tu rappelles pas un coup d’un soir que t’es ce que tu prétends être.
-    Si tu le dis…

    Et si seulement c’était arrivé qu’une seule fois… Si seulement je n’essayais pas de me venger de l’autre en faisant souffrir des mecs qui n’y sont pour rien.

-    Dis ? Continué-je. Tu ne veux pas venir manger à la maison ce midi ?
-    Euh…
-    Y aura Jean aussi, t’inquiètes pas.
-    Non c’est pas ça, c’est juste que je réfléchis si j’ai quelque chose ce midi. Apparemment non. Alors, je viens.
-    D’accord, ça sera tout simple, laitue et jambon, mais au moins ça m’évite de faire une cata culinaire qui pourrait vous conduire à l’hosto.
-    Quand je dis que tu es miss Catastrophe…
-    J’avoue… Mais bon, je me soigne.
-    On se voit en cours ? Je vais essayer de retrouver le truc qui me sert de cousin.
-    Il doit être en train de s’en griller une dans la cour du bâtiment B.
-    Ok, merci.

    Je le regarde s’éloigner tout doucement quand, soudainement, il se retourne.

-    Ah et au fait Miss Catastrophe.
-    Quoi ?
-    T’es plutôt pas mal au naturel.

    Je crois que je viens de rêver ce qu’il m’a dit. Un compliment sans vacherie ? On dirait qu’il n’y a pas que moi qui aie pris de bonnes résolutions aujourd’hui. 
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Parlotte de fin de chapitre n°6 (Parlotte de fin de chapitre) posté le lundi 29 octobre 2007 17:39


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     Je sais pas à quoi je carbure en ce moment, mais je carbure quand même. Un nouveau chapitre d'achevé et je ne m'en lasse même pas, chose quasiment incroyable pour moi.
 
Sam a besoin d'évoluer, mais je ne sais pas si ça va etre si facile que ça. En tout cas ce sera à découvrir dans les prochains chapitres (ça fait fille qui veut fidéliser la clientèle). Maxence qui met les pieds dans le plat, mais je pouvais pas laisser croire qu'il était totalement parfait ce petit ange (moi ? Sadique ? A peine).
 
J'espère que ce chapitre vous aura plu.
 
Bisouilles tout le monde et citrouille pour les autres
 
 
Musique : Muse - Unintended 
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[38] (Histoire) posté le mardi 30 octobre 2007 01:22

 

    Deux heures, deux longues heures de philo. Je crois qu’elles sont déjà très longues d’habitude, mais aujourd’hui c’est une véritable torture. Pour passer le temps, j’ai joué au morpion avec Jeannot, mais le nombre de parties nulles fût plus élevé que le nombre de parties gagnées par l’un ou l’autre de nous deux. Quoi qu’il en soit, elles sont enfin finies et on va chez moi pour manger.

Sur le chemin du retour, nous plaisantons. A vrai dire, je pense que nous n’avons pas envie de reparler de ce qu’il s’est passé tout à l’heure et il vaut mieux d’ailleurs, sinon ça repartirait encore en cacahuètes, entre moi en train de bouder, Jeannot au seuil du désespoir et Maxence se demandant ce qu’il a bien pu encore faire.

-    Où ai-je encore mis mes clefs ? M’interrogé-je devant la porte.
-    Je vais finir par te l’offrir ce porte-clefs qui bipe quand on siffle, espèce de tête de linotte.
-    Ca va, écrase et matte moi ça, je viens de les retrouver.

    Il lève les yeux au ciel, mais pourtant, mon Jeannot, tu devrais être habitué depuis le temps que tu me vois retrouver victorieusement tout ce que je perds, enfin tout ce que je crois perdre.

Je mets la clef dans la serrure et ouvre la porte. Je montre le salon aux garçons et me dirige vers ma chambre. J’ai pris l’habitude d’y déposer mes affaires pour le week-end et je ne déroge pas à ma petite manie. Je pose mon sac à côté de mon bureau et ma veste sur mon lit prenant soin au passage de ranger les quelques sous-vêtements qui traînent. On ne sait jamais… S’ils veulent aller sur l’ordi, j’aurais l’air fine.

Je me regarde dans le miroir à pied qui se trouve juste devant moi. Décidément, je ne me reconnais pas grimée et habillée de la sorte, mais je sais pertinemment que c’est bel et bien mon reflet que la glace me renvoie. Je n’ai pas mon déguisement habituel et je me sens à nue.

-    Sam ? Cette grosse feignasse de Jean n’a pas eu le courage de bouger ses fesses du canapé pour te demander si on mange bientôt.

    Je vois le reflet de Maxence s’ajouter au mien dans le miroir. Je ne me retourne pas pour le regarder, j’aime son image dans la glace et je veux avoir le temps de faire une photo mentale de cet instant. Clic-clac, je crois que je vais la faire développer et encadrer le plus rapidement possible avant de l’accrocher dans un coin de mon cerveau. 
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[39] (Histoire) posté le mardi 30 octobre 2007 01:24

 
 
-    Dis à la grosse feignasse que je vais dans la cuisine et que s’il ne veut pas tenter une intoxication alimentaire, il a bien intérêt à m’y rejoindre.

    Il sourit et je ne peux m’empêcher de lui sourire à mon tour. Je sais qu’il me voit lui aussi dans le miroir, mais peut-il me regarder au-delà de cette apparence ? Je ne m’attarde pas plus à cette réflexion et prend mon courage à deux mains pour aller jusque dans la cuisine.

Une fois dans la pièce en question, je sors le sachet de laitue et le paquet de jambon du réfrigérateur. J’ouvre d’abord le sachet et met la laitue dans un saladier puis c’est au tour du paquet de jambon de passer dans mes mains habiles. J’ai un don avec les ouvertures faciles, vous savez, cette languette qui reste dans les mains d’une grande majorité de personne. Ben moi j’arrive à tout ouvrir d’un coup sans l’aide d’un couteau ou d’un ciseau.

Jean et Maxence viennent me rejoindre et en profitent pour mettre la table. Je soupçonne mon meilleur ami d’être surtout là pour surveiller ce que je fais avec ce qui va le nourrir dans quelques instants.

-    Voilà les enfants, c’est prêt, dis-je en apportant le tout sur la table.
-    Bien maman, me répond Jean.
-    On y va à la bonne franquette, tout le monde se sert comme il veut.

    Forcément Jeannot se jette sur la nourriture. Le plus désolant dans tout ça c’est qu’il bouffe sans arrêt sans prendre un pet de graisse, ça me désespère moi qui prend trois kilos rien qu’en regardant la devanture d’une boulangerie. Maxence est un peu plus sage sur la quantité, mais je pense qu’il fait cet effort pour me laisser de quoi manger à moi aussi.

-    Bon appétit tout le monde.
-    Merci, à toi aussi, dit-il à son tour.

    Bien sûr Jean ne peut rien répondre, il vient d’enfourner une grande quantité de salade dans sa bouche. Des fois je me demande s’ils le nourrissent chez lui, mais quand je suis invitée à dîner, je vois bien qu’il mange les mêmes quantités, parfois même plus.

-    Au fait, si vous voulez un dessert, servez-vous dans le frigo.
-    Aucun problème.
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